Société
Le MoDem retrouve son rythme de croisière après l’épisode Matignon

Trois semaines après la démission de François Bayrou, le parti centriste organise sa traditionnelle université d’automne dans le Vaucluse, avec l’ambition affichée de peser sur les prochains arbitrages budgétaires.
L’ambiance est studieuse et sereine au centre de vacances de L’Isle-sur-la-Sorgue, où le Mouvement démocrate a installé ses quartiers pour sa rentrée politique. Au programme de ce week-end figurent des débats, des conférences et la participation de plusieurs personnalités extérieures, parmi lesquelles Gabriel Attal et l’économiste Nicolas Bouzou. L’événement se déroule selon un protocole bien rodé, presque ordinaire, si ce n’est l’ombre portée du passage éclair de son président fondateur à la tête du gouvernement.
François Bayrou interviendra dimanche, pour sa première prise de parole publique depuis la passation de pouvoir. Vendredi après-midi, il a d’ores et déjà estimé que la France traversait la situation la plus grave qu’elle ait connue depuis soixante ans, déplorant un refus parlementaire de reconnaître la réalité des difficultés budgétaires. L’ancien Premier ministre a appelé à une réinvention des institutions, tout en réaffirmant la volonté du MoDem d’apporter son concours au futur exécutif.
En coulisses, si la loyauté affichée des cadres du parti reste sans faille, certains reconnaissent, à mots couverts, une forme de frustration quant à la gestion de la crise ayant conduit à la démission. La stratégie adoptée consiste cependant à privilégier le recueillement et la patience, qualités souvent attribuées au mouvement. L’objectif immédiat est désormais d’influer sur le débat parlementaire, en défendant des propositions fiscales précises.
Le président du groupe à l’Assemblée, Marc Fesneau, a ainsi plaidé dans la presse pour la création d’un impôt sur la fortune improductive, distinct de l’ancien ISF, ainsi que pour une hausse modérée de la flat tax. Des pistes que le gouvernement a partiellement écartées dans ses premières orientations, mais que François Bayrou pourrait remettre sur la table. Interrogé sur ses ambitions pour l’élection présidentielle de 2027, l’intéressé a éludé la question, tout en laissant entendre que le scénario restait ouvert.

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