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Le Japon serre la vis sur ses taux pour contrer l’inflation et le yen faible

Face à une inflation portée par la flambée des prix de l’énergie et un yen en chute libre, la Banque du Japon agit. Elle vient de relever son taux…

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Le Japon serre la vis sur ses taux pour contrer l'inflation et le yen faible

Face à une inflation portée par la flambée des prix de l’énergie et un yen en chute libre, la Banque du Japon agit. Elle vient de relever son taux directeur à son plus haut niveau depuis plus de trente ans.

Ce n’est pas un geste isolé. La décision de la Banque du Japon, attendue par les marchés, s’inscrit dans un mouvement mondial. La Banque centrale européenne et celle d’Indonésie ont déjà resserré leur politique monétaire. Et la Réserve fédérale américaine s’apprête à se réunir. Autrefois prisonnier de la déflation, le Japon connaît depuis le printemps 2022 une hausse continue des prix à la consommation, au-delà de 2 pour cent. L’institution avait déjà commencé à relever ses taux en 2024, après des années à les maintenir nuls ou négatifs. Mais la récente envolée des prix de l’énergie a accéléré la spirale. Le Japon importait avant la guerre 90 pour cent de son pétrole du Golfe, et les perturbations des acheminements ont fait flamber les coûts.

Un accord entre Washington et Téhéran pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient a été annoncé lundi. Les cours du pétrole ont immédiatement plongé. Pourtant, la réouverture du détroit d’Ormuz et la reprise de la production d’hydrocarbures risquent de prendre du temps. La banque centrale japonaise prévient que la hausse des prix du brut se répercute rapidement sur les transactions entre entreprises. Cela pourrait entraîner une augmentation des prix pour une large gamme de produits. Certains analystes, comme Marcel Thieliant de Capital Economics, soulignent un paradoxe. L’inflation japonaise n’atteignait que 1,4 pour cent en avril, grâce au plafonnement des prix des carburants. Mais l’institution anticipe une nette accélération d’ici l’année prochaine. Thieliant prévoit même un nouveau relèvement des taux en octobre, puis une remontée à 2,0 pour cent d’ici fin 2027.

Le gouvernement de Sanae Takaichi s’inquiète des risques économiques d’un durcissement trop rapide. La Banque du Japon tempère en soulignant le niveau élevé des bénéfices des entreprises et l’amélioration de l’emploi et des revenus. La croissance devrait ralentir, car la hausse du pétrole pèse sur les bénéfices et le revenu réel des ménages. Mais elle restera positive, soutenue par des aides publiques et des conditions financières accommodantes. Le problème majeur reste le yen. Sa faiblesse est aggravée par l’écart des taux d’intérêt avec les États-Unis. Le gouvernement japonais a déjà dépensé environ 11 700 milliards de yens le mois dernier pour soutenir sa monnaie, sans effet durable. La Fed se réunit cette semaine et pourrait durcir sa politique, ce qui renforcerait le dollar et accentuerait la pression sur le yen. La Banque du Japon a également annoncé qu’elle réduirait progressivement ses achats de dette d’ici avril 2027, un signal clair de normalisation. Les marchés obligataires ont réagi avec une hausse des rendements. Pendant ce temps, la banque centrale australienne a préféré maintenir ses taux inchangés.

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