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Ils reviennent chez eux et découvrent leur ville en cendres

L’accord de cessez-le-feu a sonné l’heure du retour pour des milliers de déplacés au Liban. Dans la ville de Nabatiyé, le choc est terrible : maisons…

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Ils reviennent chez eux et découvrent leur ville en cendres

L’accord de cessez-le-feu a sonné l’heure du retour pour des milliers de déplacés au Liban. Dans la ville de Nabatiyé, le choc est terrible : maisons éventrées, commerces rasés, souvenirs pulvérisés.

Kamal Kamal s’avance lentement dans une rue qu’il connaît par cœur. Il s’appuie sur sa canne, les yeux déjà humides. Devant lui, plus rien. Sa boutique de torréfaction, ouverte dans les années 1970 alors qu’il était encore un jeune homme, n’est qu’un tas de décombres. Les entrepôts, le matériel, les sacs de café: tout a disparu sous les bombes. « C’est une vie entière qui est perdue », souffle-t-il en essuyant ses larmes avec un mouchoir en papier. Autour de lui, le quartier entier ressemble à un champ de ruines. « La rue entière doit être rasée », constate-t-il, impuissant.

Comme lui, des milliers d’habitants ont fait le chemin du retour dès lundi, après l’annonce d’un accord entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin à la guerre. L’armée libanaise a installé des barrages à l’entrée de Nabatiyé pour guider les déplacés. Au loin, l’artillerie israélienne tonne encore et des panaches de fumée s’élèvent des zones où Tsahal avait avancé ces derniers jours. Mais la population n’a pas attendu le feu vert officiel. Trop de mois d’exil, trop d’angoisse. Les familles veulent voir de leurs propres yeux ce qu’il reste de leur ville.

Dans le centre historique, le souk couvert n’a plus de toit. Les étals sont écrasés, les marchandises éparpillées. Les maisons d’habitation, elles aussi, ont été soufflées par les frappes. Rana Nasrallah, 45 ans, regarde l’amas de gravats qui fut sa demeure. Des vêtements déchirés, un matelas, des pots de fleurs brisés dépassent des pierres. « Nous avons grandi dans ce quartier. On jouait ici enfants, les femmes âgées s’asseyaient là pour discuter », raconte-t-elle. Pour elle, les destructions ne sont pas un hasard. « Ce sont les repères de la ville qu’ils ont cherché à faire disparaître », dit-elle en montrant les ruines du souk traditionnel. Pourtant, malgré la perte de sa maison et de son travail, elle affirme que ce retour lui fait du bien. « Nous sommes revenus pour respirer la terre de notre ville. Cela apporte du baume à l’âme », assure-t-elle. Et les habitants de Nabatiyé le promettent déjà: ils reconstruiront tout.

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