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Économie

Le grand écart budgétaire des capitales européennes

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Bruxelles sort son rapport annuel sur les finances des États membres. Entre la France qui voit son déficit s’envoler et l’Allemagne qui dérape pour se réarmer, quatre situations très contrastées se dessinent.

Les chiffres tombent et ils ne sont pas tendres avec la France. L’économie française a ralenti au premier trimestre, relançant les craintes de récession. Paris espérait contenir son déficit à 5% cette année, mais les prévisions de Bruxelles annoncent une tout autre musique. Si le gouvernement ne serre pas la vis, le trou pourrait atteindre 5,7% du PIB en 2027, année de la prochaine présidentielle. Cela ferait de la France le plus mauvais élève de la zone euro. Le gouvernement promet de ramener le déficit sous la barre des 3% d’ici 2029, mais la route est longue et les marges sont minces.

L’Allemagne, longtemps modèle de rigueur, se met elle aussi à flirter avec les mauvais chiffres. Le chancelier Friedrich Merz a fait sauter le frein constitutionnel à la dette pour financer un plan de relance et un réarmement massif. Résultat le déficit devrait grimper à 3,7% cette année puis 4,1% l’an prochain. Pourtant, Bruxelles ne devrait pas lancer de procédure contre Berlin. La hausse des dépenses militaires est considérée comme une exception, une souplesse déjà accordée en novembre. De son côté, l’Italie espérait sortir de la procédure pour déficit excessif en passant sous les 3% dès 2025. Mais un coup de frein économique en fin d’année dernière a retardé l’échéance. Rome vise désormais 2,9% cette année et réclame plus de flexibilité pour financer ses mesures liées au conflit au Moyen-Orient. Bruxelles estime pour l’instant que les règles actuelles offrent déjà assez de souplesse.

Enfin, la Bulgarie fait son entrée dans la zone euro le 1er janvier dernier mais le cadeau de bienvenue pourrait être amer. Le pays risque d’être immédiatement placé sous procédure pour déficit excessif. Le nouveau premier ministre a hérité d’une situation budgétaire dégradée. Le déficit bulgare, déjà à 3,5% du PIB l’an dernier, devrait encore gonfler pour atteindre 4,3% en 2027. Un signal clair que les règles européennes ne font pas de cadeau, même aux nouveaux venus.

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