Économie
Le futur géant des mers français dévoile son nom

_**Le président de la République se rend ce mercredi près de Nantes pour annoncer l’appellation du nouveau porte-avions nucléaire, dont la construction vient de débuter pour une entrée en service prévue en 2038.**_
Emmanuel Macron se déplace ce mercredi sur le site industriel de Naval Group à Indret. Cette visite officielle est consacrée au programme du futur porte-avions destiné à succéder au Charles de Gaulle. L’événement principal sera la révélation du nom choisi pour ce bâtiment de guerre, un moment toujours fortement symbolique. Les spéculations vont bon train, certains évoquant des figures historiques ou politiques, tandis que l’attribution d’un nom féminin constituerait une première pour un navire de cette importance.
La construction des deux chaufferies nucléaires du futur navire débutera sur ce site. Le chantier de l’ensemble de la coque, quant à lui, démarrera à Saint-Nazaire à partir de 2031. Ce programme, validé en décembre dernier après des études lancées en 2018, représente un investissement de dix milliards d’euros étalé sur deux décennies. Avec un déplacement de soixante-dix-sept mille tonnes, il s’agira du plus grand navire militaire jamais construit en France, surpassant largement les quarante-deux mille tonnes de son prédécesseur.
Ce bâtiment de nouvelle génération incarne une ambition stratégique renouvelée. Il sera équipé de trois catapultes, contre deux actuellement, permettant d’optimiser les cycles de lancement et de récupération des aéronefs. Sa conception intègre également la capacité d’embarquer des drones de combat, de ravitaillement et de surveillance, une nécessité mise en lumière par les conflits récents. La technologie des catapultes électromagnétiques sera fournie par l’américain General Atomics, un choix présenté comme économique mais pour lequel des alternatives sont étudiées.
La France rejoint ainsi un club très restreint de nations disposant de porte-avions à propulsion nucléaire, aux côtés des États-Unis. Ce navire est présenté comme un pilier central de la politique de défense et de dissuasion, à un moment où l’exécutif affirme sa priorité pour les questions stratégiques et la coopération européenne en la matière. Son rôle de projection de puissance en fait un outil diplomatique et militaire de premier ordre.
Malgré l’envergure du projet, la question du financement sur la durée est abordée avec prudence par l’Élysée, qui maintient l’enveloppe annoncée. Par ailleurs, bien que la possession d’un seul bâtiment limite sa disponibilité opérationnelle, l’option d’un second porte-avions n’est, à ce stade, pas à l’ordre du jour. Le programme reste donc focalisé sur la réalisation de ce navire unique, conçu pour rester évolutif et pertinent tout au long de sa carrière opérationnelle.

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