Monde
Le Costa Rica aux urnes, la sécurité au cœur du scrutin présidentiel

Les électeurs costariciens ont commencé à choisir leur nouveau président ce dimanche. Le scrutin, qui se déroule dans un contexte de préoccupations croissantes sur la criminalité, pourrait consacrer la candidate de la droite au pouvoir, Laura Fernández.
Les bureaux de vote ont accueilli les citoyens dès six heures du matin, pour une journée électorale qui doit également renouveler l’Assemblée législative. Près de 3,7 millions de personnes sont inscrites sur les listes. Pour éviter un second tour, prévu le 5 avril en cas de besoin, le futur chef de l’État devra recueillir au moins quarante pour cent des suffrages. Les premiers résultats sont attendus en soirée.
La campagne a été largement dominée par la question de la violence et du trafic de stupéfiants, des phénomènes qui ont érodé l’image de stabilité traditionnelle du pays. Portée par cette thématique, Laura Fernández, candidate du parti au pouvoir, arrive en tête des intentions de vote. Cette politologue de 39 ans, présentée comme l’héritière du président sortant Rodrigo Chaves, mise sur un discours de fermeté et des propositions inspirées par des politiques menées ailleurs dans la région.
Son programme prévoit notamment l’achèvement d’un centre pénitentiaire de grande envergure, le renforcement des peines et la possibilité de déclarer l’état d’urgence dans les zones les plus touchées. Ses détracteurs, parmi l’opposition de gauche et du centre, y voient une dérive potentielle vers des méthodes autoritaires, évoquant explicitement le modèle du Salvador voisin. Ils l’accusent de menacer l’équilibre des pouvoirs et les garanties démocratiques.
La popularité de la candidate s’explique également par un sentiment de défiance envers la classe politique établie et par une demande forte de résultats en matière de sécurité publique. Le taux d’homicides a récemment atteint un niveau record, alimentant l’inquiétude dans la population. Les autorités attribuent cette violence principalement aux luttes entre organisations criminelles liées au narcotrafic, qui utilise le territoire costaricien comme plateforme logistique.
Au-delà des questions sécuritaires, le prochain gouvernement devra aussi composer avec des défis socio-économiques persistants. Si la pauvreté a légèrement reculé, le pays reste l’un des plus inégalitaires d’Amérique latine et le coût de la vie pèse lourdement sur les foyers les plus modestes. L’opposition, fragmentée entre une vingtaine de candidats à la présidentielle, espère soit forcer un second tour, soit constituer un bloc parlementaire suffisant pour modérer les projets de la favorite.

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