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L’ancien marchand de grains devenu le maître des drones qui terrorise la Russie

Il était négociant en céréales et collectionneur d’art. Aujourd’hui, Robert Brovdi commande la première force de drones ukrainienne et fait trembler…

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L'ancien marchand de grains devenu le maître des drones qui terrorise la Russie

Il était négociant en céréales et collectionneur d’art. Aujourd’hui, Robert Brovdi commande la première force de drones ukrainienne et fait trembler l’armée russe.

Avant février 2022, Robert Brovdi n’avait jamais touché une arme. À 50 ans, cet Ukrainien d’origine hongroise gérait une entreprise d’exportation de céréales et une fondation artistique dans l’ouest du pays. Quand la Russie a envahi l’Ukraine, il s’est engagé comme volontaire sans aucune expérience militaire. Deux ans plus tard, sous le nom de guerre « Madyar », il est à la tête de la toute nouvelle force de systèmes sans pilote créée par le président Zelensky. Son secret ? Avoir simplement transposé son système comptable à la guerre. « J’ai retiré les noms des variétés de céréales pour les remplacer par des drones et des munitions », explique-t-il depuis son bunker souterrain dont l’emplacement est tenu secret.

Son unité, baptisée « Les oiseaux de Madyar », ne représente que 2% de l’armée ukrainienne. Pourtant, elle revendique entre 30 et 35% des cibles russes confirmées comme détruites. La semaine dernière, ses forces ont frappé Saint-Pétersbourg, la deuxième ville de Russie, pendant le forum économique de Vladimir Poutine. Les blogueurs militaires russes eux-mêmes le reconnaissent à demi-mot. Un reporter proche des médias d’État russes le décrit comme « un ennemi dangereux, déterminé et professionnel ». La chaîne Telegram Rybar estime que son unité est « la plus efficace de sa catégorie » au sein de l’armée ukrainienne. La stratégie de Madyar est simple et brutale : tuer plus de soldats russes que Moscou ne peut en mobiliser, en s’appuyant sur les données vidéo qui affluent en continu sur les écrans de son poste de commandement.

Derrière ce succès militaire, une zone d’ombre persiste. Les images de drones traquant les soldats ennemis jusqu’à l’impact sont diffusées sur ses réseaux sociaux, accompagnées de musique caricaturale et de légendes moqueuses. Certaines voix en Ukraine jugent ces séquences moralement contestables, et des experts juridiques s’interrogent sur d’éventuels crimes de guerre. Mais pour Madyar, chaque attaque réussie compense les sacrifices personnels. Sa femme a rejoint l’armée trois mois après lui et travaille elle aussi pour « Les oiseaux de Madyar ». Lui ne peut plus retourner chez lui, en Transcarpatie. « Je ne peux plus poser les yeux sur mes endroits préférés, sur les petits détails de mon foyer », confie-t-il. Alors il a recréé un semblant de chez-lui dans son bunker, avec des œuvres d’art ukrainiennes accrochées aux murs et des carcasses de drones en guise de décoration. Une vie de guerre où la vengeance, dit-il, procure « une satisfaction immédiate ».

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