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L’accord de cessez-le-feu Iran-États-Unis déjà fragilisé

Alors que l’accord venait d’être signé, des frappes israéliennes au Liban ont fait 18 morts et les négociations prévues en Suisse ont été annulées.…

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L'accord de cessez-le-feu Iran-États-Unis déjà fragilisé

Alors que l’accord venait d’être signé, des frappes israéliennes au Liban ont fait 18 morts et les négociations prévues en Suisse ont été annulées. Téhéran émet des réserves et les prix du pétrole remontent, signe que la paix reste incertaine.

Dans la nuit au sud du Liban, l’espoir d’une trêve a volé en éclats. Des frappes israéliennes ont tué 18 personnes et blessé 33 autres, selon le ministère de la Santé à Beyrouth. Côté israélien, l’armée a déploré la mort de quatre soldats, dont un haut gradé. C’est le bilan le plus lourd depuis l’annonce, lundi, de la conclusion d’un protocole d’accord entre l’Iran et les États-Unis. Ce texte prévoit un cessez-le-feu sur tous les fronts, y compris au Liban. Un point sur lequel Téhéran, allié du Hezbollah, avait particulièrement insisté. La réaction du ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, ne s’est pas fait attendre. « Tout le Liban doit brûler », a-t-il lancé. De son côté, la France a appelé Israël à respecter l’accord.

Parallèlement, la mécanique diplomatique s’enraye. La Suisse a annoncé le report sine die des négociations prévues vendredi entre Washington et Téhéran. Ces discussions devaient lancer un processus de 60 jours pour régler la question du nucléaire iranien. Aucune nouvelle date n’a été avancée. L’absence du vice-président américain JD Vance et celle de l’émissaire pakistanais, médiateur des pourparlers, avaient déjà jeté le doute. Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a approuvé l’accord par écrit, mais avec des réserves. « Les négociations en face-à-face ne présagent pas de l’acceptation du point de vue de l’ennemi », a-t-il prévenu, dans une déclaration qui montre que la méfiance reste intacte.

Malgré l’apaisement affiché, les signes de fragilité se multiplient. Le trafic a repris dans le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le pétrole, mais Téhéran a déjà instauré un nouvel organisme pour contrôler les navires. Les prix du pétrole remontent, le baril de Brent repassant au-dessus de 80 dollars. Aux États-Unis, la presse critique un accord qui offre à l’Iran des avantages financiers énormes sans exiger le démantèlement de son nucléaire. En Israël, l’accord est vivement contesté, même au sein du gouvernement. « Le combat n’est pas terminé », a averti Benjamin Netanyahu. À Téhéran, une psychologue de 54 ans doute qu’il soit durable. « Peut-être qu’après les 60 jours, les hostilités reprendront », confie-t-elle. L’accord tient à un fil.

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