Culture
La Slovénie vibre au rythme lent des mythiques 2CV

Plus de 3 000 exemplaires de la célèbre Citroën ont convergé vers Postojna pour célébrer un art de vivre délibérément hors du temps.
Dans un monde obsédé par la vitesse et la technologie, des passionnés venus de quarante pays ont choisi de rendre hommage à l’emblème d’une époque révolue. Le rassemblement international des propriétaires de 2CV, organisé tous les deux ans depuis 1975, a transformé l’aérodrome de Postojna en un musée à ciel ouvert. Ces véhicules aux couleurs vives, surnommés autrefois « Spacek » dans les Balkans en raison de leur silhouette atypique, incarnent bien plus qu’une simple voiture.
Karmen Uglesic, organisatrice de l’événement, décrit cette voiture comme une antidote au stress quotidien. « Dès que l’on s’installe au volant, les tensions s’estompent », confie-t-elle. Pour Gabriele Salvoni, un Italien de 55 ans venu avec des amis, parcourir 400 kilomètres à 90 km/h maximum relève d’une philosophie. « C’est un voyage apaisant, une parenthèse hors du temps », explique-t-il, une bière à la main, devant son véhicule garé parmi des milliers d’autres.
En Allemagne, terre des bolides sans limite de vitesse, la présence de ces automobiles semble anachronique. Pourtant, Jamie, une jeune artiste hambourgeoise, y voit un symbole de résistance à l’accélération permanente. Beaucoup des participants, nés bien après l’arrêt de la production en 1990, perpétuent cette passion transmise par leurs aînés. Aleksandar Dincic, 16 ans, se réjouit déjà à l’idée de recevoir une 2CV pour sa majorité. « Elle est intuitive à conduire, bien loin des gadgets high-tech d’aujourd’hui », souligne-t-il.
La simplicité mécanique de ces véhicules, conçus pour être accessibles et économiques, séduit toujours. « Le moteur est rudimentaire, tout se répare soi-même », affirme Salvoni, arborant même des tatouages de 2CV en hommage à ses enfants. L’imagination des propriétaires n’a pas de limites, comme en témoigne une version jaune surmontée d’un canard géant ou une limousine rallongée, suscitant l’admiration générale.
Ce rassemblement, bien plus qu’une simple exposition, est une célébration de la liberté et de la créativité. Comme le résume Karmen Uglesic, « pour ses adeptes, la 2CV est une toile blanche où chacun projette ses rêves ». Une philosophie qui, manifestement, n’a pas pris une ride.

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