Faits Divers
Trappes, le suspect de l’attaque raciste présumée face à la justice antiterroriste
Kévin T., 39 ans, a reconnu les faits mais refuse le qualificatif raciste. Son transfert au tribunal judiciaire de Paris doit conduire à une éventuelle…

Kévin T., 39 ans, a reconnu les faits mais refuse le qualificatif raciste. Son transfert au tribunal judiciaire de Paris doit conduire à une éventuelle mise en examen pour terrorisme.
Kévin T., 39 ans, a été conduit au tribunal judiciaire de Paris dans la nuit de mercredi à jeudi. Sa garde à vue venait de s’achever. Cette présentation pourrait déboucher sur une mise en examen dans une instruction antiterroriste. Le suspect reconnaît les faits qui lui sont reprochés. Il conteste en revanche le caractère raciste de ses crimes, un point que le procureur antiterroriste Olivier Christen a souligné. Ce dernier doit s’exprimer devant la presse ce jeudi. L’enquête porte sur des chefs d’assassinat et de tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste. S’y ajoute une circonstance aggravante liée à l’appartenance réelle ou supposée des victimes à une race, une ethnie, une nation ou une religion.
Les faits se sont déroulés vendredi matin, à Trappes et à La Verrière, en banlieue parisienne. Depuis sa voiture, Kévin T. a abattu Pengo Bossio Wangi, un Français noir de 26 ans. Sept autres personnes ont été blessées, dont plusieurs d’origine africaine ou maghrébine. Une enfant de onze ans figure parmi les victimes. Son pronostic vital n’est plus engagé. Quatre blessés ont été touchés grièvement, trois plus légèrement. Les analyses ont détecté du cannabis et de la cocaïne dans le sang du suspect. Son casier judiciaire mentionne quatre condamnations, la dernière datant de 2012. Les services de renseignement ne le connaissaient pas. Un diagnostic de schizophrénie a été posé et il suivait un traitement médical.
Avant de passer à l’acte, Kévin T. avait transformé son appartement de Plaisir, dans les Yvelines, en piège. Des bouteilles de gaz et des fils électriques reliés à un minuteur devaient détruire le logement. Le mécanisme était opérationnel. Il pouvait détruire l’appartement et abîmer les appartements voisins. Ce détail montre une préparation en amont de l’attaque. Il pèsera sans doute dans l’instruction, tout comme l’état psychiatrique du suspect et sa consommation de drogues au moment des faits.
Pour les victimes et leurs proches, l’enjeu dépasse la seule qualification pénale. La reconnaissance des faits par le suspect ne signifie pas qu’il accepte le motif raciste. Cette circonstance figure dans la qualification retenue. La justice devra aussi éclaircir le rôle de la maladie psychiatrique et des substances retrouvées dans son sang. L’instruction antiterroriste devra démêler ces différents fils pour établir un récit judiciaire solide.
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