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La roupie indonésienne touche un plus bas historique, le gouvernement mise sur l’avenir
L’économie indonésienne vacille sous le poids de la hausse du pétrole et des mesures budgétaires coûteuses, mais Jakarta refuse de revoir ses ambitions de…


L’économie indonésienne vacille sous le poids de la hausse du pétrole et des mesures budgétaires coûteuses, mais Jakarta refuse de revoir ses ambitions de croissance à la baisse.
La monnaie indonésienne n’a jamais été aussi faible. Cette semaine, la roupie a plongé à 18 100 unités pour un dollar, un record historique. Dans le même temps, la Bourse de Jakarta a perdu 30% de sa valeur depuis janvier. La cause est connue. L’Indonésie importe beaucoup de pétrole et la flambée des cours mondiaux, alimentée par les tensions au Moyen-Orient, frappe de plein fouet la première économie d’Asie du Sud-Est. Pour essayer de calmer le jeu, la Banque centrale a relevé son taux directeur de 0,25 point, à 5,50%. Mais selon les analystes de BMI, une filiale de Fitch, les marchés resteront nerveux tant que les récentes décisions politiques intérieures inquiéteront les investisseurs.
Le gouvernement, lui, tient le cap. Malgré des taux d’intérêt élevés qui freinent habituellement l’activité, Jakarta maintient son objectif de croissance de 8% d’ici 2029. Le vice-ministre des Finances, Juda Agung, explique qu’il faut atteindre ce niveau pour sortir du piège des pays à revenu intermédiaire avant que la population ne vieillisse. Il défend aussi la création d’un nouvel organisme, Danantara Sumberdaya Indonesia, pour superviser les exportations de ressources naturelles. Une mesure nécessaire, dit-il, pour stopper les fuites liées à la corruption. Selon lui, la roupie est sous-évaluée et les pressions économiques restent gérables, surtout si la guerre au Moyen-Orient s’apaise.
Pourtant, les critiques fusent. Des experts estiment que la hausse des taux n’aura qu’un effet limité sur la monnaie. Capital Economics juge que le président Prabowo doit abandonner son programme jugé populiste et interventionniste pour rassurer les investisseurs. D’autres pointent le coût des subventions sur le carburant et des repas gratuits à l’école pèsent lourd sur les finances publiques. La Banque mondiale prévoit d’ailleurs une croissance limitée à 5% en 2026, loin des 8% espérés. Pour le chercheur Deni Friawan, du CSIS, le seul moyen de regagner la confiance est de réduire les dépenses. Car la loi interdit un déficit budgétaire supérieur à 3% du PIB. Et l’incertitude plane encore sur une possible rétrogradation de la Bourse indonésienne par MSCI.





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