Sports
La révolte des tennismen gronde encore plus fort sur le gazon londonien
Les joueurs et joueuses ne lâchent rien. À Wimbledon, ils resserrent l’étau en réduisant encore leurs conférences de presse pour exiger un meilleur…


Les joueurs et joueuses ne lâchent rien. À Wimbledon, ils resserrent l’étau en réduisant encore leurs conférences de presse pour exiger un meilleur partage des revenus.
Souvenez-vous de l’ambiance à Roland-Garros. Certains parlaient carrément de boycotter le tournoi. Au final, la contestation s’était limitée à des échanges plus courts avec les médias avant le premier coup de raquette. Mais le mécontentement, lui, n’a jamais disparu. Alors que Wimbledon s’apprête à lancer son édition 2026 lundi prochain, les tennismen et tenniswomen remettent une pièce dans la machine. Leur message est clair et net. La hausse de 20% de la dotation annoncée par le All England Club ne suffit pas. Pas question de se contenter d’un chèque exceptionnel. Ce qu’ils veulent, c’est une vraie réforme structurelle. Concrètement, ils exigent que les tournois du Grand Chelem reversent 22% de leurs revenus aux joueurs, comme le font les autres compétitions. Aujourd’hui, ils touchent à peine 15%. Et pour montrer qu’ils ne rigolent pas, ils ont décidé d’aller plus loin. Fini les simples conférences de presse écourtées avant le tournoi. Pendant toute la première semaine de Wimbledon, chaque prise de parole sera limitée à quinze minutes.
Larry Scott, l’ancien patron de la WTA qui conseille les joueurs, a mis les points sur les i dans une lettre transmise aux organisateurs. Selon lui, l’action menée à Roland-Garros a eu un effet immédiat. Elle a poussé Wimbledon à offrir une augmentation record de 20% du prize-money. Mais une hausse ponctuelle, aussi spectaculaire soit-elle, ne règle rien. Les joueurs réclament un accord qui dure, un système où ils profitent automatiquement de la croissance du tournoi. Et cette croissance, elle est énorme. Sur les dix dernières années, les revenus de Wimbledon ont grimpé de plus de 320 millions d’euros. Pourtant, la part qui revient aux athlètes a, elle, diminué. Pour couronner le tout, l’annonce des primes a totalement zappé deux autres demandes cruciales. Un fonds d’aide sociale pour les joueurs en difficulté et la création d’un conseil des joueurs qui aurait son mot à dire sur les décisions. Rien de tout ça n’a été pris en compte.
Du côté du All England Club, la réaction ne s’est pas fait attendre. Les dirigeants se disent surpris et déçus par ce durcissement. Deborah Jevans, la présidente, a déjà expliqué leur position. Pour elle, raisonner en pourcentage est un mauvais calcul. Ce chiffre ne tient compte que du chiffre d’affaires, pas des dépenses colossales que nécessite l’organisation. Infrastructures, investissements dans le tennis sur gazon, tout ça coûte cher. Impossible, selon elle, de gérer une institution vieille de près de 150 ans avec une simple règle de trois. Alors pour l’instant, le fossé reste large entre les deux camps. En attendant un éventuel accord, les chiffres donnent le vertige. Le vainqueur de cette édition empochera 4,2 millions d’euros. Le finaliste, 2,08 millions. Même un joueur éliminé dès le premier tour repartira avec près de 93 000 euros. De quoi relativiser, mais pas de quoi calmer la colère.
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