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La RDC au cœur de la bataille mondiale pour les métaux du futur
Sous les pieds des Congolais, des montagnes de cuivre et de cobalt attisent les convoitises des grandes puissances. Alors que la Chine domine déjà…


Sous les pieds des Congolais, des montagnes de cuivre et de cobalt attisent les convoitises des grandes puissances. Alors que la Chine domine déjà l’exploitation, les États-Unis tentent de prendre leur part d’un gâteau minéral qui pourrait tout changer.
C’est un territoire grand comme un petit État, où les machines tournent sans s’arrêter. À Kolwezi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, le site de Kamoa Copper ne ressemble à aucune autre mine au monde. Ici, le minerai de cuivre atteint une concentration de 2,8% soit quatre fois plus que la moyenne planétaire. Un véritable trésor enfoui dans l’un des pays les plus pauvres de la planète. Près de deux Congolais sur trois vivent sous le seuil de pauvreté, et pourtant le sous-sol regorge de métaux devenus stratégiques pour l’industrie mondiale.
Le cuivre et le cobalt sont partout. Dans nos smartphones, nos ordinateurs, nos voitures électriques. Une voiture électrique consomme 80 kilos de cuivre contre 20 pour une thermique. Quant au cobalt, il faut jusqu’à 20 kilos dans une batterie électrique contre un seul kilo dans une voiture classique. La demande explose. Selon les projections, les besoins mondiaux en cuivre devraient bondir de 40% d’ici 2040. Celle en cobalt pourrait quadrupler dès 2030. La RDC, premier producteur africain de cuivre et numéro un mondial du cobalt avec 68% de l’offre, devient incontournable.
La Chine a compris cela il y a vingt ans. Aujourd’hui, Pékin contrôle environ 70% de l’activité minière congolaise. À Kolwezi, les enseignes en mandarin fleurissent le long des routes bitumées. Les hôtels et restaurants accueillent une clientèle d’affaires internationale, et les locaux ont grandi avec les mines et les Chinois. Mais Washington veut inverser la tendance. En décembre, Kinshasa a signé un accord stratégique avec les États-Unis. Une liste de 25 sites miniers a été proposée pour de potentiels investissements américains. Le géant suisse Glencore a déjà négocié une entrée potentielle du consortium américain Orion dans ses actifs congolais.
Pourtant, sur place, les acteurs locaux relativisent. Le directeur de l’Entreprise générale du cobalt le dit clairement ce n’est pas leur guerre. La RDC s’étend sur 2,4 millions de kilomètres carrés, et il reste d’immenses zones à explorer. Chez Kamoa Copper, on prépare déjà l’expansion. La mine vise 400 000 tonnes de cuivre en 2027 puis 500 000 tonnes en 2028. L’objectif est clair devenir l’une des plus grandes mines du monde. Et si de nouveaux partenaires se présentent, notamment américains, la porte reste ouverte. La compétition pour les métaux critiques ne fait que commencer, et la RDC entend bien en être l’arbitre.





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