Politique
La guerre au Moyen-Orient fait plonger la demande de pétrole trois fois plus que prévu
L’Agence internationale de l’énergie révise ses prévisions en catastrophe. La demande mondiale de pétrole devrait chuter bien plus fortement qu’annoncé…


L’Agence internationale de l’énergie révise ses prévisions en catastrophe. La demande mondiale de pétrole devrait chuter bien plus fortement qu’annoncé, avec des stocks qui s’effondrent et des livraisons enregistrant leur première baisse trimestrielle depuis 2020.
Jusqu’à récemment, l’AIE espérait un retour à la normale autour de juin 2026. Mais les derniers chiffres sont sans appel. L’organisation table désormais sur une baisse de 1,1 million de barils par jour pour 2026, soit près de trois fois plus que la révision annoncée le mois précédent. En cause, le conflit au Moyen-Orient, qui continue de peser lourdement sur l’approvisionnement et les prix du carburant.
Les conséquences se mesurent déjà concrètement. Les livraisons de pétrole au deuxième trimestre 2026 ont chuté de près de 5 % par rapport à la même période l’an dernier. C’est du jamais-vu depuis 2020, l’année de la pandémie. La hausse des prix à la pompe et les difficultés d’approvisionnement expliquent en grande partie ce recul historique.
Paradoxalement, même avec une demande en forte baisse, les réserves mondiales continuent de fondre. Elles ont diminué de près de 220 millions de barils sur les seuls mois d’avril et mai. Dans les pays de l’OCDE, les stocks ont atteint leur plus bas niveau depuis 1990. Une situation préoccupante qui montre à quel point le marché est sous tension.
Un espoir est pourtant apparu récemment, avec l’accord entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin à la guerre et rouvrir le détroit d’Ormuz, par où transite 20 % du pétrole mondial. Mais l’AIE prévient que des obstacles opérationnels et politiques persistent. Résultat, aucun rebond significatif de la demande ou de l’offre n’est attendu avant 2027.
Pour l’année prochaine, l’AIE anticipe une reprise modeste de la demande, de l’ordre de 2 millions de barils par jour. En revanche, l’offre devrait bondir de 8 millions de barils par jour. De quoi offrir un répit au marché et, peut-être, reconstituer des stocks au plus bas. Mais pour l’instant, le climat d’incertitude reste le maître mot.
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