Nous rejoindre sur les réseaux

News

La France conserve sa couronne européenne des investissements étrangers mais la menace se précise

Article

le

Le baromètre EY confirme la septième année consécutive de domination française en matière d’attractivité pour les capitaux internationaux, avec plus de huit cent cinquante projets recensés. Pourtant, derrière ce succès apparent, des signaux inquiétants se multiplient.

Pour la septième année d’affilée, l’Hexagone demeure la destination privilégiée des investisseurs étrangers en Europe. Selon une étude du cabinet EY, la France a accueilli huit cent cinquante-deux projets sur les cinq mille vingt-six recensés dans quarante-sept pays du continent. Le Royaume-Uni et l’Allemagne complètent le podium avec respectivement sept cent trente et cinq cent quarante-huit projets. L’Élysée reconnaît la difficulté de maintenir cette position dominante tout en soulignant les efforts déployés au niveau européen pour renforcer la compétitivité et la souveraineté du continent.

Les atouts de la France reposent sur plusieurs piliers identifiés par les deux cents investisseurs interrogés entre février et mars derniers. La taille de son marché, sa capacité d’innovation, son énergie décarbonée, ses infrastructures et sa main-d’œuvre qualifiée constituent des arguments de poids. EY prévient toutefois que l’attractivité ne saurait être considérée comme un acquis définitif et qu’elle nécessite un travail permanent de construction.

Le secteur de l’intelligence artificielle illustre cette dynamique positive avec cinquante-trois projets enregistrés, soit une progression de vingt-six pour cent. Le domaine de la défense bénéficie également d’un afflux de capitaux, notamment dans le contexte ukrainien. À l’inverse, les industries automobile, chimique et métallurgique connaissent des difficultés avec une réduction de quinze pour cent des sites implantés dans l’Hexagone. Ces investissements ont généré vingt-sept mille neuf cent vingt et un emplois, permettant à la France de grimper de la troisième à la deuxième place en termes de créations de postes, derrière le Royaume-Uni qui reste attractif pour la finance, les technologies et les sièges sociaux.

La comparaison avec ses concurrents révèle pourtant un déclin relatif. La France enregistre une baisse de dix-sept pour cent de ses projets, contre quatorze pour cent pour le Royaume-Uni et dix pour cent pour l’Allemagne, alors que la moyenne européenne ne recule que de sept pour cent. Ce recul s’explique par des incertitudes économiques, une instabilité politique persistante, des questions de compétitivité fiscale, ainsi que le coût de la main-d’œuvre et de l’énergie.

L’Hexagone subit également la concurrence accrue des pays d’Europe méridionale et centrale comme l’Espagne, le Portugal, la Pologne, la Roumanie ou la Turquie, qui proposent des coûts plus attractifs et une réglementation plus flexible. Les experts constatent un retrait marqué des entreprises américaines et allemandes, dont les investissements en France ont diminué de moitié depuis 2022. Les perspectives pour 2026 restent moroses puisque cinquante-sept pour cent des investisseurs seulement envisagent d’investir en France, soit une baisse de cinq points, tandis que soixante-dix-huit pour cent d’entre eux ne prévoient un retour à une situation politique et économique normale que dans deux ou trois ans.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus