Monde
L’affaire de 1996 refait surface : un ex-agent cubain livre son récit
L’inculpation de Raúl Castro par la justice américaine pour la destruction de deux avions civils en 1996 relance un épisode sensible des relations entre La Havane et Washington. Un ancien espion infiltré à Miami livre un témoignage nuancé sur les circonstances de cette attaque.
La justice américaine a mis en cause l’ancien dirigeant cubain Raúl Castro pour son rôle présumé dans l’abattage de deux appareils civils survenu le 24 février 1996 au large de la Floride. Cet événement, qui a coûté la vie à quatre membres de l’organisation Hermanos al rescate, avait provoqué une grave tension diplomatique entre les deux pays. Les autorités américaines estiment que les faits se sont déroulés en eaux internationales, tandis que Cuba invoque une action de légitime défense dans ses eaux territoriales.
René Gonzalez, ancien pilote et agent du renseignement cubain infiltré aux États-Unis, livre aujourd’hui sa lecture des faits. À l’époque, il avait participé à la création de cette association en 1991, officiellement dédiée au sauvetage des migrants cubains tentant la traversée vers la Floride. Selon lui, cette organisation dissimulait des visées bien plus offensives. Il affirme que certains projets visaient à déstabiliser le gouvernement cubain par des actions violentes, profitant de la grave crise économique que traversait l’île dans les années 1990.
L’ex-agent précise toutefois que tous les membres ne partageaient pas ces intentions. Il évoque avec empathie deux des victimes, Carlos Costa et Mario de la Peña, qu’il décrit comme de jeunes pilotes animés par le seul désir de secourir des naufragés et d’accumuler des heures de vol. Il se remémore également une incursion aérienne au-dessus de La Havane en 1994, où des fusées éclairantes avaient été larguées depuis un avion, une violation flagrante de l’espace aérien cubain largement médiatisée.
Le jour de l’attaque, René Gonzalez dit avoir vécu un moment de stupeur. En tant qu’agent infiltré en Floride, les jours qui suivirent furent particulièrement éprouvants, marqués par une vigilance constante et la nécessité de transmettre des informations à La Havane. Il estime que cet événement a été instrumentalisé par les franges les plus radicales de l’exil cubain en Floride. Ces derniers, selon lui, ont obtenu le renforcement de l’embargo américain contre Cuba par le biais de la loi Helms-Burton, adoptée sous la présidence de Bill Clinton.
L’inculpation de Raúl Castro ne surprend pas l’ancien agent. Il y voit une manœuvre politique visant à accroître la pression sur Cuba dans un contexte de regain d’agressivité de l’administration américaine. Il analyse cette action comme une tentative des secteurs les plus durs de l’exil de pousser Washington à une confrontation directe. Une perspective qu’il juge dangereuse et qu’il qualifie de potentielle tragédie pour les deux nations, lui qui refuse l’idée de devoir un jour faire face à un jeune soldat américain.
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