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Ebola à Mayotte : une députée étrille le gouvernement sur la gestion des risques sanitaires

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La représentante de Mayotte a vertement interpellé le ministre de l’Intérieur à l’Assemblée nationale, dénonçant l’absence de mesures concrètes face à la menace que fait peser l’épidémie d’Ebola sur l’île.

Alors que l’épidémie d’Ebola suscite une vive inquiétude à l’échelle internationale, le département de Mayotte se trouve en première ligne en raison de sa situation géographique et des flux migratoires en provenance d’Afrique. Mercredi 20 mai, lors d’une séance à l’Assemblée nationale, la députée Estelle Youssouffa a exprimé avec fermeté ses craintes face à la propagation potentielle du virus. Elle s’en est prise directement à Laurent Nuñez, lui reprochant une mobilisation jugée insuffisante.

La nouvelle flambée épidémique, particulièrement meurtrière, frappe durement la République démocratique du Congo. Les autorités congolaises ont renforcé les dispositifs de dépistage et de surveillance sur place. À Mayotte, l’inquiétude grandit. L’île accueille régulièrement des migrants en provenance de la région des Grands Lacs, une zone directement affectée par l’épidémie. Le gouvernement français a annoncé des mesures visant à renforcer la surveillance sanitaire, avec notamment la mobilisation du centre hospitalier de Mayotte pour préparer une éventuelle prise en charge des patients.

La députée a toutefois jugé ces annonces trop vagues. Elle a rappelé que des dizaines de migrants continuaient de débarquer chaque jour sur les côtes mahoraises, sans aucun contrôle sanitaire ni intervention des forces de l’ordre. « Votre mobilisation n’existe pas », a-t-elle lancé au ministre de l’Intérieur. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a tenté de la rassurer en évoquant un travail d’anticipation mené avec le préfet et l’agence régionale de santé, notamment en matière d’isolement des patients et de formation des professionnels de santé.

Ces explications n’ont pas apaisé la colère de la députée. Elle a répliqué en qualifiant le ministre de l’Intérieur de « planqué » et en dénonçant une politique publique marquée par la passivité. Elle a listé plusieurs manquements : l’absence de plan pour évacuer les camps de migrants, l’absence de renfort de la Marine nationale pour dissuader les trafiquants en mer, l’absence de mobilisation de la réserve sanitaire, et l’absence de tests systématiques ou de mesures sur les liaisons aériennes reliant Mayotte à l’Afrique et à Madagascar. « Vous mettez Mayotte en danger », a-t-elle conclu.

Le principal intéressé, Laurent Nuñez, n’a pas répondu à ces accusations. Moins d’une semaine après la réapparition du virus dans la région de l’Ituri, les autorités congolaises recensaient plus de 130 décès suspects, dont une trentaine attribués à Ebola, ainsi que plusieurs centaines de cas considérés comme suspects.

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