Économie
La facture climatique des grands émetteurs atteint des milliers de milliards
Une étude scientifique établit pour la première fois une comptabilité précise des préjudices économiques mondiaux imputables aux émissions historiques de dioxyde de carbone. Les chiffres, bien supérieurs aux estimations antérieures, dessinent une responsabilité financière colossale pour les principaux pays et entreprises pollueurs.
Les dommages économiques provoqués par les émissions de gaz à effet de serre depuis 1990 se chiffrent en milliers de milliards de dollars, selon une nouvelle analyse parue dans la revue *Nature*. Cette recherche attribue une part spécifique de ces coûts climatiques mondiaux à des émetteurs identifiés, qu’il s’agisse d’États ou de sociétés du secteur des énergies fossiles. La méthodologie intègre les conséquences économiques directes et indirectes du réchauffement, comme la baisse de productivité agricole et industrielle ou l’impact accru des phénomènes météorologiques extrêmes.
Les résultats placent les émissions cumulées des États-Unis en tête des responsabilités, avec un préjudice économique estimé à 10 200 milliards de dollars pour la période 1990-2020. La Chine et l’Union européenne suivent, avec des montants respectifs de 8 700 et 6 400 milliards de dollars. Du côté des acteurs privés, les émissions du géant pétrolier Saudi Aramco entre 1988 et 2015 auraient engendré à elles seules près de 3 000 milliards de dollars de pertes à l’échelle planétaire.
L’étude révèle surtout que l’essentiel de la facture reste à venir. En raison de la persistance du CO₂ dans l’atmosphère et de l’accélération des dérèglements, une tonne émise en 1990, qui a déjà causé environ 180 dollars de dommages en 2020, pourrait en générer près de dix fois plus d’ici la fin du siècle. Ce décalage temporel souligne que les émissions passées constituent une dette climatique croissante, dont le poids financier s’alourdira avec le temps.
Ces estimations fournissent un cadre scientifique inédit pour évaluer les responsabilités dans le débat international sur les pertes et préjudices climatiques. Elles interviennent alors que plusieurs procédures judiciaires tentent d’établir la responsabilité légale d’États ou d’entreprises pour leur contribution au changement climatique. Bien que les montants précis puissent être affinés, ils indiquent clairement que le coût social du carbone utilisé par de nombreux gouvernements est largement sous-évalué.
Les auteurs soulignent également comment des activités individuelles à forte intensité carbone participent à ce fardeau futur. Ainsi, prendre un vol long-courrier chaque année pendant une décennie pourrait, selon leurs calculs, entraîner à terme des pertes économiques globales avoisinant 25 000 dollars. Cette quantification rappelle que l’ensemble des émissions, quelles que soient leur origine ou leur échelle, contribue à un préjudice économique mondial dont l’ampleur commence seulement à être mesurée.
-
SportsEn Ligne 4 joursLe triomphe amer de Narbonne : une montée en Pro D2 sous le signe des rancœurs
-
Faits DiversEn Ligne 2 joursUne adolescente de 16 ans fauchée par un camion-toupie à Alfortville
-
PolitiqueEn Ligne 6 joursVillepin étrille la candidature d’Attal à l’Élysée
-
SportsEn Ligne 2 joursDavide Ancelotti, nouvel homme fort du LOSC ?
-
Faits DiversEn Ligne 5 joursUn suspect livre ses certitudes sur l’affaire Émile
-
ÉconomieEn Ligne 3 joursLos Angeles : le chaos de l’aéroport LAX inquiète à l’approche du Mondial
-
NewsEn Ligne 6 joursQuatre suspects mis en examen pour une tentative de meurtre visant un opposant algérien en France
-
NewsEn Ligne 7 joursUne dauphine s’installe dans une baie basque, la ville appelle à la prudence