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La CFDT veut peser sur la présidentielle et bouscule ses propres règles
Le premier syndicat français tient son congrès à Bordeaux. Au menu : une nouvelle branche Sécurité sociale, une participation élargie des adhérents, et un…


Le premier syndicat français tient son congrès à Bordeaux. Au menu : une nouvelle branche Sécurité sociale, une participation élargie des adhérents, et un cap avant 2027.
La CFDT, premier syndicat de France avec 642 000 adhérents revendiqués, a ouvert lundi son 51e congrès à Bordeaux. Pendant cinq jours, 1 654 délégués vont plancher sur des réformes internes, des questions de société très politiques, et renouveler leurs instances. L’enjeu est clair : se donner un nouvel élan avant la campagne présidentielle de 2027. Marylise Léon, 49 ans, qui a pris la tête du syndicat en 2023 après le départ de Laurent Berger, est assurée d’être reconduite. Les spécialistes voient ce congrès comme une période charnière, entre la grande mobilisation contre la réforme des retraites et l’attente du prochain scrutin présidentiel.
Parmi les propositions fortes, la création d’une sixième branche de la Sécurité sociale, baptisée « conditions de vie et transition écologique ». L’idée est de couvrir des risques que les assureurs privés refusent déjà d’assurer, en particulier les risques climatiques. Les délégués discuteront aussi de sujets sociétaux comme l’abaissement du droit de vote à 16 ans, le vote des étrangers aux élections locales, ou encore un objectif d’écart maximal de un à 40 entre le salaire médian et les plus hauts revenus. Autre point sensible : la possibilité, pour des non-adhérents, de se présenter sur des listes CFDT aux élections professionnelles. Le taux de cotisation devrait lui aussi augmenter, passant de 0,75 % à 0,95 % du salaire.
Le sujet des retraites, lui, ne fera pas l’objet d’un débat spécifique. Mais la résolution revendicative réaffirme l’attachement du syndicat au système par répartition. Elle juge « toujours sans aucun sens » de repousser l’âge légal tant que les personnes éloignées de l’emploi ne sont pas en poste. La CFDT avait défendu un système à points en 2019-2020, ce qui lui avait valu des tensions avec la CGT. Aujourd’hui, alors que l’intersyndicale construite en 2023 reste fragile, l’unité pourrait vaciller si cette idée revient dans le débat public. Le congrès accueille des invités, dont une centaine de syndicalistes étrangers, certains venant de pays où l’extrême droite est au pouvoir, ainsi que des représentants de partis politiques (Horizons, Renaissance, MoDem, PS, écologistes, Générations), mais sans participation aux débats.
Jeudi, les instances dirigeantes seront élues pour quatre ans : le bureau national puis la commission exécutive, qui devrait compter quatre nouveaux membres sur dix. La CFDT, qui reste le premier syndicat tous secteurs confondus depuis 2018, avec une représentativité de 26,58 % dans le privé en 2025, entend bien continuer à peser sur les grands dossiers sociaux et politiques. Ce congrès de Bordeaux est un moment clé pour fixer le cap, entre transitions internes et ambition de faire entendre ses revendications dans la course à l’Élysée.





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