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Économie

La BERD sonne l’alarme pour les économies émergentes

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La guerre au Moyen‑Orient fait flamber l’énergie et grippe les chaînes d’approvisionnement. Résultat la Banque européenne pour la reconstruction et le développement revoit ses prévisions à la baisse et pointe un choc qui dure.

L’institution financière vient de publier ses nouvelles projections pour les 41 pays qu’elle suit. La croissance attendue cette année n’est plus que de 3,1% contre 3,6% prévus en février. Un recul de 0,5 point directement lié à l’explosion des coûts de l’énergie et aux perturbations provoquées par le conflit au Proche‑Orient. L’économiste en chef Beata Javorcik résume la situation en une phrase : ce rapport montre la persistance du choc énergétique. Il tombe au pire moment pour l’Europe, déjà plombée par le moral en berne de son industrie manufacturière.

Plusieurs grandes économies de la zone ralentissent nettement. La Turquie, l’Ukraine et l’Égypte voient leurs perspectives se dégrader. Mais les révisions les plus brutales concernent le Liban et l’Irak. Leurs prévisions de croissance ont été abaissées de 6 et 5,1 points. Les deux pays devraient même entrer en récession cette année avec une contraction de 2% pour le Liban et de 1,5% pour l’Irak. Un contraste fort avec 2024 où la région avait progressé de 3,4%, portée par une adaptation rapide aux tensions commerciales et tarifaires.

L’inflation, elle, continue de grimper. Entre février et avril, elle a bondi de 1,2 point pour atteindre 6,4% en moyenne. La BERD prévient que de nouvelles hausses des prix alimentaires pourraient frapper durement les pays à faible revenu. Autre signal inquiétant la hausse des taux d’emprunt empêche désormais l’inflation de réduire mécaniquement les ratios dette sur PIB comme cela s’était produit après le Covid‑19. Pourtant, un secteur tire son épingle du jeu : l’intelligence artificielle. Les exportations liées à l’IA explosent dans certaines régions de la BERD, avec +42% sur un an en Hongrie et +21% en Pologne en 2025. Pour Beata Javorcik, c’est une lueur d’espoir. La région dispose déjà d’un avantage comparatif dans ces industries, ce qui pourrait amortir le gros choc énergétique.

La banque note que près des deux tiers des économies de sa zone et un quart des économies mondiales ont mis en place au moins une mesure pour économiser l’énergie ou soutenir les consommateurs. Mais attention prévient l’économiste supprimer ou réduire les taxes sur les carburants détruit l’incitation à consommer moins et risque d’aggraver les pénuries à l’avenir. Une mise en garde qui tombe alors que les prix du gaz en Europe restent cinq fois plus élevés qu’aux États‑Unis.

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