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Iberostar plie bagage et quitte Cuba

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Le géant espagnol de l’hôtellerie met fin à sa collaboration avec des partenaires cubains visés par les sanctions américaines. Une décision lourde de conséquences pour le tourisme sur l’île, déjà en pleine tempête.

Le groupe Iberostar, acteur historique du tourisme à Cuba depuis les années 1990, a choisi de couper les ponts. Il abandonne la gestion d’une dizaine d’hôtels qu’il exploitait en partenariat avec Gaviota, la branche touristique du conglomérat militaro-économique Gaesa. Ce dernier est directement sous le feu des sanctions américaines. D’après des sources proches du dossier, le désengagement est effectif à partir du 1er juin. Sur le site d’Iberostar, seuls six hôtels sont encore proposés à la réservation à Cuba, contre près d’une vingtaine auparavant. Un revirement brutal pour ce groupe qui avait fait de l’île l’un de ses marchés clés.

Le contexte est celui d’une pression américaine qui ne cesse de monter. En mai, Washington a directement sanctionné Gaesa, envoyant un signal clair aux entreprises étrangères qui travaillent avec ce conglomérat. Ces dernières ont jusqu’au 5 juin pour prouver qu’elles respectent les sanctions. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio, d’origine cubaine et farouche opposant au régime, accuse régulièrement les dirigeants de La Havane de corruption à travers Gaesa. De son côté, le gouvernement cubain défend ce groupe, créé dans les années 1990 pour contourner l’embargo et générer des devises essentielles à l’économie du pays. Mais la méthode ne passe plus à l’international.

Cette décision d’Iberostar n’est pas un cas isolé. La chaîne canadienne Blue Diamond a annoncé lundi l’arrêt total de ses activités touristiques à Cuba, invoquant la dégradation du secteur. La compagnie minière Sherritt, également canadienne, a mis fin à son exploitation de nickel et cobalt sur l’île en partenariat avec Gaesa. Les hôtels concernés par le retrait d’Iberostar incluaient notamment la fameuse Torre K, le plus haut gratte-ciel de Cuba, ses 42 étages et 500 chambres. Inauguré en grande pompe en février 2025 à La Havane, il a fermé un an plus tard, victime de la crise énergétique et de l’effondrement du tourisme. Le signal est clair l’île voit ses partenaires étrangers s’éloigner un à un.

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