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Gérard Brémond, le visionnaire qui a inventé les vacances à la française, est mort
Le fondateur de Pierre & Vacances s’est éteint à 88 ans. Il laisse derrière lui un empire touristique né d’une idée simple et audacieuse.


Le fondateur de Pierre & Vacances s’est éteint à 88 ans. Il laisse derrière lui un empire touristique né d’une idée simple et audacieuse.
C’est l’histoire d’un fils de promoteur immobilier qui a changé la façon dont les Français partent en vacances. Dans les années 1960, son père lui confie un chantier fou : concevoir la station de ski d’Avoriaz. Gérard Brémond en profite pour inventer un modèle économique inédit. Il lance ce qu’il appelle la « nouvelle propriété ». Des particuliers achètent des appartements à prix réduit. En échange, ils confient la location au groupe. Mais ils gardent des droits pour y séjourner eux-mêmes. Le concept fonctionne aussi bien à la mer qu’à la montagne. Il applique cette recette aux Ménuires, à Val-d’Isère, à Juan-les-Pins ou encore à Sainte-Maxime. Un succès qui ne se démentira pas pendant des décennies.
Le groupe devient un poids lourd du tourisme français. En 1990, il ouvre son premier village Pierre & Vacances. Sept ans plus tard, une coentreprise avec le géant Accor donne naissance à Adagio, une marque de résidences urbaines. En 1999, Pierre & Vacances entre en Bourse. En 2003, Gérard Brémond rachète Center Parcs. Pendant un demi-siècle, il préside aux décisions stratégiques du groupe. Mais la crise du Covid frappe durement le secteur. Pierre & Vacances-Center Parcs (PVCP) évite la faillite de justesse en 2022 grâce à un accord avec ses créanciers. Gérard Brémond perd alors le contrôle de son entreprise. Il jugeait pourtant cette restructuration indispensable après le cataclysme sanitaire.
Ces dernières semaines, l’aventure prend un nouveau tournant. La société d’investissement émiratie Mubadala Capital a déposé une offre ferme de rachat. Elle valorise le groupe à près d’un milliard d’euros. L’objectif est de sortir PVCP de la Bourse de Paris. Mais pour y parvenir, il faut que d’autres actionnaires s’engagent à hauteur de 80% du capital d’ici la mi-juillet. Le groupe, qui pèse près de deux milliards d’euros de chiffre d’affaires et possède aussi la marque Maeva, n’excluait pas des évolutions actionnariales. Gérard Brémond, lui, laisse l’image d’un bâtisseur. Ses successeurs au sein du groupe saluent un esprit libre, passionné et curieux, l’un des entrepreneurs les plus créatifs de sa génération. Jean-François Rial, le patron de Voyageurs du Monde, le décrit comme un homme très fin et un immense entrepreneur. Un héritage qui dépasse largement les murs des résidences de vacances.





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