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Fonds d’investissement en France : un rapport parlementaire dénonce une « prédation » organisée

La députée Aurélie Trouvé publie les conclusions d’une enquête choc sur l’emprise des fonds d’investissement, accusés de siphonner l’économie française et…

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Fonds d'investissement en France : un rapport parlementaire dénonce une "prédation" organisée

La députée Aurélie Trouvé publie les conclusions d’une enquête choc sur l’emprise des fonds d’investissement, accusés de siphonner l’économie française et de mettre en danger des secteurs entiers.

Le mot est lâché prédation. Dans un rapport publié ce lundi, la commission d’enquête parlementaire sur les fonds spéculatifs, portée par la députée Insoumise Aurélie Trouvé, dresse un tableau très sombre de l’influence de ces acteurs financiers en France. Pour la rapporteure, leur place est devenue systémique, avec des pratiques qui menacent directement le tissu productif et des services publics comme la santé.

Selon les parlementaires, l’essor de ces fonds remonte à 2012 et n’a fait que s’accélérer sous les mandats d’Emmanuel Macron. Ils dénoncent un double jeu favorable aux financiers. D’un côté, des avantages fiscaux massifs accordés par l’État. De l’autre, une quasi-absence de règles ou de contrôle face à des méthodes jugées prédatrices. Le rapport pointe en particulier les rachats d’entreprises par effet de levier, les fameux LBO. Ces opérations, expliquent les députés, organisent méthodiquement le transfert de richesse des entreprises vers leurs actionnaires, et la France est devenue le terrain de chasse numéro un sur le continent européen. L’horizon de rendement de ces fonds, souvent étrangers, serait structurellement incompatible avec la pérennité de l’emploi et de l’industrie française.

Un secteur entier cristallise les inquiétudes la santé. Le rapport s’inquiète de l’appétit grandissant des fonds pour les cliniques, les laboratoires de biologie médicale, les cabinets de radiologie et les Ehpad. Les élus citent un rapport de l’Igas et de l’IGF qui montre une multiplication par quatre des investissements dans les services de soins entre 2017-2019 et 2020-2022. Dans le même temps, l’endettement de ce secteur a connu une accélération brutale, ce qui fait redouter une fragilisation financière systémique. La députée Trouvé accuse certains acteurs de faire des profits sur le dos de la Sécurité sociale.

Autre sujet brûlant le pantouflage. La rapporteure dénonce le passage de hauts fonctionnaires, voire d’anciens ministres, dans ces fonds d’investissement. Elle relève notamment la proximité entre Nicolas Dufourcq, le dirigeant de Bpifrance, et Bruno Bézard, désormais à la tête du fonds Cathay Capital, l’un des premiers bénéficiaires des financements de la banque publique. Bpifrance est d’ailleurs pointée du doigt dans le rapport pour son soutien massif au capital-investissement, accusée de privilégier la rentabilité financière au détriment de sa mission d’intérêt général. De son côté, l’organisation France Invest, qui représente le secteur, déplore une vision erronée et rappelle que ses membres accompagnent plus de 11.000 entreprises, dont 8.000 françaises, contribuant à la croissance et à l’emploi.

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