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En Mauritanie, le rêve d’Europe se brise sur une côte verrouillée

Des milliers de migrants ouest-africains sont bloqués à Nouadhibou, impuissants face aux contrôles renforcés et aux expulsions massives. Un accord avec…

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En Mauritanie, le rêve d’Europe se brise sur une côte verrouillée

Des milliers de migrants ouest-africains sont bloqués à Nouadhibou, impuissants face aux contrôles renforcés et aux expulsions massives. Un accord avec l’Union européenne a changé la donne, et la peur règne dans les rues.

Ils sont venus de tout l’ouest du continent, du Sénégal, de Guinée ou du Mali, portés par l’espoir d’embarquer vers les Canaries, à deux jours de mer. Mais depuis que la Mauritanie a signé un partenariat migratoire avec l’Union européenne en 2024, les départs clandestins se sont effondrés. La ville portuaire de Nouadhibou, autrefois tremplin vers l’Europe, est devenue un piège à ciel ouvert. Des patrouilles ratissent les quartiers, les papiers sont contrôlés en permanence, et les expulsions se multiplient. Les migrants racontent la même peur celle de se faire ramasser dans la rue, chez soi ou même devant un centre de soins. Certains n’osent plus sortir acheter à manger.

L’Union européenne a débloqué 210 millions d’euros pour financer la surveillance des côtes, la lutte contre les passeurs et des centres d’accueil temporaires. Mais sur le terrain, ce serrage de vis se traduit par des méthodes brutales. Des ONG comme Human Rights Watch ont recensé des dizaines de témoignages de tortures, de viols et d’expulsions arbitraires. Les garde-côtes, eux, alignent les moteurs confisqués aux passeurs dans leur cour. Les départs ont bien ralenti, mais la pression ne retombe pas. Plus au sud, en Gambie, les traversées repartent de plus belle. Les autorités mauritaniennes craignent une nouvelle vague record.

Au milieu de ce dispositif, des hommes comme Ahmed ou Laylay attendent, sans savoir combien de temps. Ils travaillent comme maçons ou vendeurs pour économiser les 1 200 euros nécessaires à une traversée. Mais avec les contrôles, même cet argent devient difficile à réunir. Pour Laylay, qui a déjà tenté trois fois la mer, la solution serait simple que les visas soient plus accessibles. « On irait travailler et on rentrerait chez nous », dit-il. Mais à Bruxelles, le ton est à la fermeture. La nouvelle politique migratoire européenne prévoit des centres d’accueil hors de ses frontières et un objectif clair réduire les arrivées. En attendant, sur la côte mauritanienne, le rêve d’Europe reste suspendu.

1 Commentaire

1 Commentaire

  1. Miriam Mitchell

    15 juin 2026 at 12 h 38 min

    This was beautiful Admin. Thank you for your reflections.

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