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Elle a quitté l’Espagne à 8 ans pour ne jamais revenir

Carmen Cid avait 8 ans en 1937 quand elle a embarqué pour l’Angleterre, pensant revenir trois mois plus tard. Aujourd’hui âgée de 97 ans, elle est l’une…

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Elle a quitté l'Espagne à 8 ans pour ne jamais revenir

Carmen Cid avait 8 ans en 1937 quand elle a embarqué pour l’Angleterre, pensant revenir trois mois plus tard. Aujourd’hui âgée de 97 ans, elle est l’une des dernières survivantes des enfants de la guerre espagnols.

À Bilbao, dans le nord de l’Espagne, la guerre civile fait rage depuis un an. Le père de Carmen, ouvrier naval et soutien des républicains, est emprisonné. Sa mère, infirmière, apprend qu’un bateau évacue des enfants vers l’Angleterre. Elle prend une décision déchirante envoyer ses trois plus jeunes loin des bombes et de la faim. Carmen se souvient encore des cris et des larmes sur le quai de Santurce. Le SS Habana quitte l’Espagne avec 4 000 enfants à bord. La plupart croient partir en vacances pour trois mois. En réalité, beaucoup ne reverront jamais leur pays.

Carmen et sa sœur Edurne, 11 ans, et son frère José Luis, 10 ans, sont d’abord hébergés dans un foyer à Brampton, près de Carlisle. Puis Carmen est placée chez Norman Alford, un lithographe sympathisant des républicains espagnols. Elle reste dans cette famille jusqu’à son mariage, à 23 ans. Elle quitte l’école à 14 ans, travaille dans une usine de confection, puis épouse un coiffeur du coin. Ses parents, libérés de prison, réussissent à fuir en France puis en Écosse. Mais Carmen ne rentre jamais vivre en Espagne. Elle y voyage plusieurs fois avec son mari et ses enfants, sous la dictature de Franco, mais son chez elle est désormais en Angleterre.

Aujourd’hui, Carmen vit à Carlisle avec son fils Luis. Elle parle anglais, comprend l’espagnol mais a du mal à le pratiquer. Elle dit qu’on lui a volé une partie de sa vie et elle s’est promis de ne jamais se séparer de ses propres enfants. Sur les 4 000 enfants débarqués à Southampton en mai 1937, environ 500 ne sont jamais retournés en Espagne, leurs parents étant morts ou emprisonnés. L’association Basque Children 37, créée en 2002, recense aujourd’hui seulement quatre survivants au Royaume-Uni, dont Carmen. Leur histoire rappelle que la guerre peut arracher des enfants à leur terre pour toujours, même quand on leur promet un retour rapide.

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