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Élevé dans la violence et la haine, il bascule dans le trafic d’armes pour l’ultradroite
Un ex-soldat de 24 ans raconte comment son enfance entre un père négationniste et une mère intégriste l’a conduit vers l’extrême droite radicale. Jugé…


Un ex-soldat de 24 ans raconte comment son enfance entre un père négationniste et une mère intégriste l’a conduit vers l’extrême droite radicale. Jugé pour trafic d’armes, il affirme aujourd’hui avoir tourné la page.
Devant le tribunal correctionnel de Paris, Emilien K. ne cherche pas à nier les faits. Cet ancien militaire de 24 ans est le personnage central d’un procès qui juge six sympathisants de l’ultradroite la plus radicale, raciste et antisémite. Arrêté en novembre 2023 dans sa caserne, il est accusé d’avoir alimenté un trafic d’armes destiné à des admirateurs du nazisme rencontrés sur Telegram. Pendant deux ans, il revendait des armes par colis, principalement fournies par un ex-policier de 61 ans partageant la même idéologie. Il encourt dix ans de prison pour association de malfaiteurs terroriste, tout comme quatre autres prévenus. Le sixième, plus âgé, est jugé uniquement pour trafic d’armes.
Pour expliquer sa dérive, Emilien K. décrit une enfance violente à tous les niveaux. Son père, un médecin parisien avec qui il a rompu tout lien, serait un admirateur de Pétain, un contempteur de De Gaulle, tenant des propos négationnistes, racistes et antisémites. Sa mère, proche de l’Action française, l’a élevé dans un catholicisme traditionaliste. Les symboles de cette mouvance étaient partout chez lui : sur les murs, dans la musique. Ses parents lui ont inculqué une défiance envers l’État et la conviction qu’il devait tout assurer lui-même, y compris sa sécurité, dans une logique de « eux contre nous ». Pour lui cacher les tensions du couple, sa mère l’a envoyé en pension dans une institution intégriste hors contrat, fermée en 2017 pour violences contre les élèves. « Tout va de pair, et la violence physique, et la violence psychologique, et la violence idéologique », raconte-t-il calmement. « Quand on grandit avec ça, on ne se rend pas compte d’où ça vient, ça apparaît comme normal. »
Aujourd’hui père de deux enfants, Emilien K. dit vouloir tourner la page. Il assure ne plus présenter de risque et avoir pris le recul nécessaire sur son passé. Il souhaite faire retirer tous ses tatouages pour ne plus être associé à cette idéologie. Mais ses échanges sur Telegram, exhumés par l’enquête, montrent une tout autre facette : des pseudos comme « Heinrich » ou « Charles Martel », des saluts « Sieg heil », l’expression du souhait d' »abattre des bien-pensants de ce pays ». Il explique aujourd’hui avoir voulu « rassurer » ses clients d’ultradroite, et insiste sur l' »appât du gain » plutôt que sur l’idéologie. Il concède toutefois devoir encore avancer sur sa « colère » contre son père. Le verdict est attendu jusqu’au 3 juillet.





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