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Drogues en Europe des substances toujours plus puissantes et imprévisibles

Derrière les 7 600 décès annuels par surdose recensés dans 29 pays, le dernier rapport de l’agence européenne sonne l’alarme. Chaque semaine, une nouvelle…

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Drogues en Europe des substances toujours plus puissantes et imprévisibles

Derrière les 7 600 décès annuels par surdose recensés dans 29 pays, le dernier rapport de l’agence européenne sonne l’alarme. Chaque semaine, une nouvelle substance psychoactive apparaît, les trafics se réinventent et les consommateurs jouent à la roulette russe.

Le constat est sans appel. Les marchés de la drogue en Europe n’ont jamais été aussi complexes et dangereux. Selon les données réunies par l’agence, au moins 7 600 personnes ont perdu la vie à cause d’une overdose en une seule année. Derrière ce chiffre brut, c’est toute une réalité qui change. Les substances se multiplient, deviennent plus fortes, et les usagers ne savent souvent pas ce qu’ils ingèrent. En 2025 seulement, 50 nouvelles drogues de synthèse ont été détectées sur le continent. Cela porte à plus d’un millier le nombre de produits sous surveillance. La polyconsommation, c’est-à-dire le fait de mélanger différentes drogues, est devenue courante. Une pratique qui aggrave encore les risques, sans que les consommateurs en aient toujours conscience.

Le cannabis, la drogue la plus répandue, n’échappe pas à cette tendance inquiétante. Des cannabinoïdes de synthèse très puissants sont désormais ajoutés à des produits vendus comme du cannabis classique. Pire, ces substances se retrouvent dans des cigarettes électroniques et des produits comestibles. Une manière d’attirer potentiellement un public plus jeune, sans que celui-ci mesure le danger. Les opioïdes de synthèse constituent une autre menace majeure. Rien que cette année, sept nouveaux dérivés ont été signalés, parmi lesquels des nitazènes, des molécules parfois bien plus fortes que le fentanyl. Ces drogues peuvent provoquer des overdoses mortelles avec une dose infime. Même la kétamine, un anesthésiant utilisé à l’hôpital, voit son usage détourné progresser dans les milieux festifs et les boîtes de nuit.

Face à cette situation, les trafiquants ne cessent d’innover pour échapper aux contrôles. Fini le temps où les saisies records de cocaïne atteignaient 419 tonnes. En 2024, le volume intercepté est tombé à 330 tonnes. Mais le nombre de saisies, lui, a augmenté. Un signe qui ne trompe pas les experts. Les criminels fragmentent leurs envois en plus petites cargaisons et utilisent des ports secondaires, des semi-submersibles, des drones ou des vedettes rapides. Le cannabis arrive désormais surtout du Canada et des États-Unis, parfois de Thaïlande. La cocaïne, elle, change de route. Et tout ce trafic ne vit pas en vase clos. Il est lié au blanchiment d’argent, à la corruption et à la traite des êtres humains. Pour enrayer cette spirale, l’agence appelle à investir massivement dans la prévention, le traitement et la réinsertion, tout en renforçant la formation du personnel portuaire. Une approche qui doit mêler fermeté répressive et accompagnement sanitaire.

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