Europe
50 millions d’euros pour abattre les drones russes
L’armée ukrainienne n’arrive plus à intercepter les drones russes comme avant. Pour combler cette faille, la start-up française Alta Ares lève 50 millions…

L’armée ukrainienne n’arrive plus à intercepter les drones russes comme avant. Pour combler cette faille, la start-up française Alta Ares lève 50 millions d’euros et accélère la production de ses intercepteurs.
C’est depuis Kiev que la nouvelle est tombée. Alta Ares, une jeune pousse française fondée en 2024, annonce une levée de fonds de 50 millions d’euros. Son objectif est de passer à l’échelle et de rendre ses systèmes plus efficaces. Son patron Hadrien Canter le dit sans détour : il y a une vraie faille capacitaire aujourd’hui. La guerre en Ukraine a changé la donne. Pendant des décennies, la défense occidentale reposait sur l’idée de suprématie aérienne. Mais les drones, les missiles de croisière et les bombes planantes ont retourné la table. On ne peut pas envoyer un avion de chasse à plusieurs millions d’euros pour chaque drone Shahed à 20 000 dollars. La quantité est devenue une qualité.
Les menaces évoluent à toute vitesse. Les drones Shahed ne volent plus en ligne droite. Ils esquivent, changent de trajectoire, apprennent des tactiques russes et iraniennes. Les adversaires sont intelligents et reçoivent l’aide des Chinois pour les moteurs et les caméras. Résultat, le taux d’interception en Ukraine est passé d’environ 60% à moins. Hadrien Canter le reconnaît, les défenseurs perdent du terrain. Alta Ares veut inverser la tendance avec deux familles d’intercepteurs. Le X-Lock vise les drones Shahed jusqu’à 15 km. Le Black Bird, encore en prototype, cible des engins plus rapides comme les missiles de croisière Kh-101 et les bombes FAB-500, qui filent à 700 km/h. L’enjeu est de répondre à toutes ces menaces à la fois, tout en s’adaptant en permanence aux améliorations de l’adversaire.
Produire vite, pas cher et en grande quantité, voilà le nouveau défi. Alta Ares emploie aujourd’hui 70 personnes et compte passer à 150 d’ici la fin de l’année. L’Otan a déjà primé la start-up en mars 2025 et l’accompagne dans sa montée en maturité. Car les pays membres de l’Alliance savent que des drones russes survolent déjà leur espace. Ils devraient consacrer jusqu’à 10 milliards d’euros à la lutte antidrones d’ici 2030. Mais pour Hadrien Canter, le stockage est une impasse. Ce qui compte, c’est d’entraîner les militaires à utiliser des systèmes qui n’existaient pas la veille. Dans le désert comme en Arctique, les intercepteurs doivent fonctionner partout. Et derrière chaque tir, il y a des humains. La formation à la défense sol-air est la compétence la plus rare et la plus recherchée, notamment au Moyen-Orient. Les robots ne font pas tout.
À lire aussi

Faits DiversEn Ligne 5 joursTrente-neuf ans après, les parents d’Inass Touloub face à leurs juges
PolitiqueEn Ligne 6 joursUne primaire au centre et à droite pour éviter Le Pen-Mélenchon, le casse-tête d’Édouard Philippe
SociétéEn Ligne 6 joursBlocus des lycées dès lundi et grèves jeudi, une semaine mouvementée
SociétéEn Ligne 5 joursBlocus, manifs et rentrée agitée dans les lycées et les facs
SociétéEn Ligne 7 joursUne troisième journée contre la vie chère entre défilés massifs et tensions localisées
PolitiqueEn Ligne 7 joursUn gendarme touché par un cocktail molotov à Paris, des responsables politiques réclament des comptes
PolitiqueEn Ligne 5 joursÉdouard Philippe assume ses mots sur l’immigration et la gauche l’accuse de parler comme l’extrême droite
ÉconomieEn Ligne 6 joursNvidia, le banquier devenu moteur de l’intelligence artificielle
















