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Des tirs pendant des heures près de l’aéroport de Niamey, le spectre du jihadisme plane

Ce jeudi matin, des coups de feu ont retenti pendant plusieurs heures aux abords de l’aéroport de Niamey. Une possible nouvelle attaque jihadiste qui…

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Des tirs pendant des heures près de l'aéroport de Niamey, le spectre du jihadisme plane

Ce jeudi matin, des coups de feu ont retenti pendant plusieurs heures aux abords de l’aéroport de Niamey. Une possible nouvelle attaque jihadiste qui rappelle celle de janvier dernier.

Tout a commencé vers six heures du matin. Selon des habitants du quartier, les premiers tirs venaient de la grande porte d’entrée de l’aéroport, précisément depuis le poste de fouille où les véhicules sont contrôlés. Pendant près de quatre heures, les détonations se sont succédé sans interruption. Un conducteur de taxi-moto témoigne que la situation est revenue au calme vers dix heures, mais que des assaillants se cachaient encore dans le quartier Route Tchanga. Les militaires sont descendus dans les rues et les riverains les ont aidés en traquant les suspects avec des bâtons et des coupe-coupes.

Cet incident intervient moins de six mois après une attaque d’ampleur revendiquée par l’État islamique au Sahel. Le 29 janvier, l’aéroport de la capitale avait été frappé pour la première fois depuis le début de la crise jihadiste. Quatre blessés et des dégâts considérables avaient été recensés. Le général Abdourahamane Tiani, chef de la junte au pouvoir, avait alors reconnu une faille dans le dispositif de sécurité. Depuis, les autorités ont tenté de renforcer les défenses en rallongeant le mur d’enceinte et en installant plus de 350 caméras à l’intérieur et à l’extérieur de l’aéroport. Mais le fait qu’une nouvelle attaque se produise dans la même zone et à la même heure laisse penser que ces mesures n’ont pas suffi.

Le Niger est plongé dans une spirale de violences jihadistes depuis le milieu des années 2010. Le régime militaire arrivé au pouvoir par un coup d’État en juillet 2023 peine à endiguer les attaques. Il a rompu avec son allié historique, la France, et s’est tourné vers la Russie, la Turquie ou l’Iran. Mais ces partenariats n’ont pas empêché les groupes armés de gagner en capacité. Pour les experts, la facilité avec laquelle les assaillants parviennent à cibler des sites aussi sensibles suggère qu’ils bénéficient de complicités internes. Jeudi, les autorités militaires n’avaient pas encore communiqué sur cette nouvelle attaque, laissant planer les interrogations sur l’efficacité de leur stratégie antijihadiste.

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