Société
Des salariés du social dorment dans leur voiture pour pouvoir travailler
Le secteur social et médico-social à but non lucratif est au bord de l’asphyxie. Ses employés, parmi les moins bien payés du privé, n’arrivent plus à…
Le secteur social et médico-social à but non lucratif est au bord de l’asphyxie. Ses employés, parmi les moins bien payés du privé, n’arrivent plus à vivre de leur travail.
Daniel Goldberg, président de l’Uniopss, raconte une situation intenable. Dans des associations, certains salariés qui accompagnent les personnes âgées ou handicapées dorment dans leur voiture pour économiser sur les trajets trop chers. D’autres cumulent les heures sans y arriver. Le constat est partagé par les syndicats et les employeurs du secteur. Tous disent la même chose : le statu quo n’est plus possible. Le secteur a besoin d’un choc financier pour ne pas s’effondrer.
Une étude du cabinet Syndex, publiée par l’Union des employeurs de l’économie solidaire (Udes), la CFDT et l’Uniopss, chiffre le besoin à sept milliards d’euros de financement public supplémentaire pour rétablir l’équilibre des comptes. Ce montant permettrait de renflouer l’excédent brut d’exploitation des établissements, celui qui sert à rembourser les emprunts et à renouveler les équipements. Aujourd’hui, il est insuffisant pour assurer la pérennité des structures. Et ce n’est pas tout. Pour redonner du pouvoir d’achat aux 1,26 million de salariés du secteur, il faudrait 13 milliards d’euros en brut. Mais une fois les cotisations et impôts déduits, le coût net est de trois milliards.
Les chiffres montrent l’ampleur du décrochage. Un salarié de l’aide à domicile touche en moyenne 1 840 euros net par mois en équivalent temps plein. C’est 33 % de moins que la moyenne nationale du privé, qui s’élève à 2 780 euros. Même après les revalorisations du Ségur, les salariés du médico-social restent loin derrière avec 2 284 euros net, soit 18 % de moins. Résultat : des plans sociaux se multiplient, des associations comme l’Œuvre de la Croix Saint-Simon à Paris sont en redressement judiciaire, le Secours catholique et l’Association des Paralysés de France ont annoncé des suppressions de postes. Hugues Pollastro, directeur général de l’Udes, prévient : on commence à voir des signes de recul de l’emploi dans l’aide à domicile. Une première.
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