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Des robes de princesse cousues dans les décombres de Gaza

Dans un atelier de Khan Younès, un jeune couturier transforme des lambeaux de tissus récupérés sous les bombes en tenues de fête pour les enfants. Une…

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Des robes de princesse cousues dans les décombres de Gaza

Dans un atelier de Khan Younès, un jeune couturier transforme des lambeaux de tissus récupérés sous les bombes en tenues de fête pour les enfants. Une façon de ramener un peu de magie dans un quotidien brisé par la guerre.

Au milieu des immeubles éventrés et des rues jonchées de gravats, une boutique de Khan Younès affiche des mannequins taille enfant parés de robes brillantes. Tulle, strass, organza. Une petite fille tourne sur elle-même, sa jupe blanche argentée virevolte. Un sourire timide éclaire son visage. Pourtant, cette robe de princesse n’a rien d’un produit de luxe importé. Elle est née des ruines. Le couturier Amir al-Rantisi, 24 ans, écume les quartiers détruits de Gaza-ville pour dénicher de vieux stocks de tissu calcinés ou criblés d’éclats d’obus. Il prélève les parties intactes, récupère de vieilles robes qu’il déconstruit pour les réinventer. Chaque création est un petit miracle de débrouille.

Mais maintenir l’atelier ouvert relève du combat permanent. Les coupures d’électricité sont constantes, la plupart des infrastructures ont été pulvérisées. Alors Amir a bricolé un système de fortune. Il a fixé la pédale d’un vieux vélo à sa machine à coudre. Quand le courant saute, sa mère Nisreen ou un assistant actionne le pédalier pendant qu’il guide le tissu. Une chorégraphie artisanale, lente et épuisante. « Il arrive qu’on doive abandonner des commandes faute d’électricité », confie Nisreen. La solution reste un pansement sur une plaie béante.

Les matériaux, eux, se font rares et hors de prix. Une simple bobine de fil noir, introuvable à l’époque où tout s’importait facilement, coûte aujourd’hui 50 shekels, soit près de 15 euros. Avant la guerre, elle valait sept shekels. Israël contrôle tous les points d’entrée du territoire. Les camions d’aide et de marchandises ne suffisent pas à enrayer la pénurie et la flambée des prix. Pourtant, dans son atelier aux murs marqués par les impacts, Amir continue. Il coud, répare, invente. Pour que les petites filles de Gaza aient encore le droit de rêver en robe de princesse.

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