Monde
Des leaders progressistes mondiaux tracent une voie démocratique à Barcelone
_**Face à la montée des forces d’extrême droite en Europe, une coalition de dirigeants de gauche s’est réunie en Catalogne pour affirmer leur engagement en faveur des institutions démocratiques et du multilatéralisme.**_
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a accueilli ce samedi à Barcelone plusieurs de ses homologues internationaux pour une rencontre placée sous le thème de la défense de la démocratie. Cette quatrième édition du forum a rassemblé, entre autres, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, la cheffe de l’État mexicaine Claudia Sheinbaum, ainsi que les dirigeants de l’Afrique du Sud, de la Colombie, de l’Uruguay et de l’Irlande. La tenue de cet événement coïncidait avec un rassemblement de figures politiques d’extrême droite à Milan, illustrant un clivage politique croissant sur le continent.
La participation de la présidente mexicaine revêtait une portée particulière, survenant peu après des déclarations royales espagnoles reconnaissant les excès commis durant la colonisation des Amériques. Mme Sheinbaum a d’emblée écarté toute idée de tension diplomatique entre Mexico et Madrid, soulignant la nature constructive de leurs relations actuelles. Dans son allocution, elle a évoqué la résilience des cultures autochtones et a annoncé son intention de porter une initiative visant à prévenir toute intervention militaire à Cuba.
Pedro Sánchez, pour sa part, a insisté sur la nécessité de réformer en profondeur les Nations unies, jugeant cette modernisation indispensable à la crédibilité du système international. Il a estimé que la démocratie ne devait jamais être considérée comme un acquis et a présenté l’assemblée comme un regroupement de nations déterminées à en préserver les fondements. Ses propos faisaient écho à ceux tenus précédemment aux côtés du président Lula, appelant à revitaliser la coopération multilatérale face à ses détracteurs.
Le dirigeant brésilien a, quant à lui, mis en garde contre les dangers de l’extrémisme et du négationnisme, associant le recul démocratique à l’émergence de régimes autoritaires. Il a toutefois rejeté l’idée que ce sommet constitue une réaction dirigée contre une personnalité politique spécifique. Le président colombien Gustavo Petro a abondé dans ce sens, décrivant la rencontre comme une proposition alternative et un phare guidant vers un avenir fondé sur des valeurs de vie et de progrès.
En marge de ce forum officiel, Barcelone accueillait également une « Mobilisation progressiste globale », rassemblant syndicats, chercheurs et acteurs de la société civile de plus de quarante pays. Cette démonstration d’unité de la gauche internationale intervient dans un contexte européen marqué par la récente défaite électorale du nationaliste Viktor Orbán en Hongrie, mais aussi par la persistance d’une dynamique populiste, symbolisée par le rassemblement concurrent à Milan.
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