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Des colis américains livrés en charrette à bœufs à Cuba
Huit mois après l’ouragan Melissa, l’aide humanitaire venue des États-Unis continue d’arriver dans l’est de Cuba. Mais sur place, faute d’essence, les…


Huit mois après l’ouragan Melissa, l’aide humanitaire venue des États-Unis continue d’arriver dans l’est de Cuba. Mais sur place, faute d’essence, les bénévoles transportent les cartons avec des moyens de fortune.
Teodardo Debardet avance lentement sur son vélo aménagé en fauteuil roulant. Amputé des deux jambes et gravement handicapé des mains, cet habitant du village de Hongolosongo vient de recevoir un colis précieux. À l’intérieur, du riz, des haricots, de l’huile, des conserves, mais aussi des produits d’hygiène et des pastilles de chlore pour rendre l’eau potable. Tout ça vient des États-Unis. L’ouragan Melissa, qui a frappé en octobre 2025 avec des vents à 195 km/h, lui a arraché le toit et détruit la salle de bain. Comme lui, des centaines de sinistrés survivent sans électricité ni eau courante dans cette communauté rurale de la province de Santiago de Cuba.
L’aide américaine arrive par l’intermédiaire de Caritas, l’ONG catholique. Washington refuse de verser l’argent directement au gouvernement cubain, qu’il étrangle par un blocus pétrolier et des sanctions économiques sévères. Sur les neuf millions de dollars promis, trois millions ont déjà été presque entièrement distribués. L’administration américaine propose même une enveloppe supplémentaire de 100 millions, dont 60 millions via Caritas et 40 millions par d’autres ONG. La Havane examine l’offre sans l’accepter pour l’instant, estimant que lever l’embargo de 1962 serait plus utile que des colis humanitaires.
Mais distribuer l’aide dans ces campagnes reculées relève du casse-tête. Katia Simon, responsable locale de Caritas, résume le problème. Trouver un véhicule, dénicher du carburant, convaincre quelqu’un de faire le trajet, tout est compliqué dans une île privée d’essence. Alors quand les réserves s’épuisent, les bénévoles attellent une charrette à bœufs pour acheminer les cartons. Les bénéficiaires, eux, ne regardent pas la provenance. Osmany Vedey, 63 ans, le dit sans détour. L’aide est la bienvenue, qu’elle vienne des États-Unis, de l’ONU, de l’Union européenne, de la Chine ou du Venezuela. L’essentiel, c’est qu’elle arrive.





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