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Dans les cloisons de la cuisine, la mémoire du Struthof refait surface

Pour la première fois, la cuisine du seul camp de concentration nazi établi sur le sol français est fouillée par des archéologues. L’objectif est de…

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Dans les cloisons de la cuisine, la mémoire du Struthof refait surface

Pour la première fois, la cuisine du seul camp de concentration nazi établi sur le sol français est fouillée par des archéologues. L’objectif est de retrouver des objets et des traces qui racontent la survie quotidienne des déportés.

Cette baraque en bois, construite en 1942 par les détenus eux-mêmes, se dresse au cœur de la forêt vosgienne. Elle a vu défiler des dizaines de milliers de prisonniers, venus extraire le granite rose ou démonter des moteurs d’avion pour l’industrie de guerre allemande. C’est là que l’on préparait leur pitance. Une soupe claire, un peu de pain, parfois un jus d’orge. Rien de plus. Aujourd’hui, ce bâtiment est le dernier du camp de Natzweiler-Struthof à n’avoir jamais été restauré. Mais les choses vont changer. D’ici 2027, il sera rouvert au public après une rénovation complète. Pour la première fois, un suivi archéologique accompagne les travaux.

Sous le plancher, les premières découvertes sont modestes mais parlantes. Une petite fiole en verre, quelques boutons, des fragments de cuir provenant de chaussures de déportés, un peigne, et même un bon en papier jauni pour obtenir de l’eau. Ce dernier objet date de l’après-guerre. Car après la libération, le camp a servi de centre d’internement pour des collaborateurs jusqu’en 1949. Les archéologues, menés par Juliette Brangé, explorent désormais l’espace entre les deux parois de bois qui forment les murs. Les planches sont retirées une à une, numérotées, puis restaurées. Pour l’instant, on trouve surtout des nids de guêpes et un isolant en papier. Mais l’archéologue reste optimiste. Il est possible que des objets aient été cachés dans ces cloisons, à l’abri des regards.

Ce travail minutieux ne sert pas seulement à restaurer un bâtiment. Il permet de réécrire l’histoire du lieu, de comprendre comment les déportés vivaient et survivaient dans ce camp de l’enfer. Les traces architecturales et les objets retrouvés deviennent des témoins pour les générations futures. Le directeur du Centre européen du résistant déporté le rappelle. Ces lieux de survie, où les prisonniers ont souffert, continueront à parler après la disparition des derniers survivants. Les conserver et les transmettre, c’est tout l’enjeu de ce chantier.

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