Culture
La carte routière n’a pas dit son dernier mot face au GPS
Elle semble ringarde, pourtant elle connaît une seconde jeunesse. Comment ce bout de papier plié défie les écrans et change notre façon de voyager.


Elle semble ringarde, pourtant elle connaît une seconde jeunesse. Comment ce bout de papier plié défie les écrans et change notre façon de voyager.
Pousser la porte d’une librairie pour acheter une carte routière, l’étaler sur le capot, suivre du doigt une route départementale. Le geste paraît désuet quand Google Maps et Waze guident nos trajets en temps réel. Pourtant, des experts et des passionnés plaident pour ne pas jeter ces plans jaunis. Jean-Claude Raspiengeas, auteur de “La France à la carte”, les défend comme un outil complémentaire précieux. Le GPS excelle pour aller d’un point A à un point B, sans détour ni erreur. Mais il ignore tout ce qui se trouve entre les deux. La carte, elle, regorge d’informations que l’écran ne montre pas les chemins de traverse, les curiosités locales, les routes qui invitent à flâner. “Ne jetez pas vos cartes”, insiste-t-il.
Les ventes baissent pourtant. Chez Michelin, numéro un du secteur avec plus de 75% des parts de marché en France, Philippe Sablayrolles confirme une érosion de 5 à 7% par an. On est passé de 20 millions d’exemplaires à la fin du XXe siècle à 1,5 ou 2 millions aujourd’hui dans le monde. La France résiste mieux une carte s’y vend encore toutes les 25 secondes. Mais l’usage a changé. Fini le temps où on sortait la carte pour calculer l’itinéraire du jour. Aujourd’hui, on l’utilise pour préparer un séjour, rêver un voyage, choisir une région à explorer. Les cartes thématiques explosent. Michelin propose par exemple “La France des savoir-faire”, qui localise 350 sites d’usines ou d’ateliers à visiter. L’IGN, avec ses cartes ultra-détaillées au 1/25.000, reste la référence des randonneurs.
Le confort numérique a un revers. Avec le GPS, on ne compte plus les kilomètres mais les heures une déconnexion progressive de notre sens de l’orientation, façonné depuis des siècles. Raspiengeas le dit clairement le GPS nous soumet à des ordres secs “tournez à gauche”, “continuez tout droit” sans jamais nous inviter à musarder. Résultat les panneaux routiers eux-mêmes s’adaptent en indiquant de moins en moins les distances en kilomètres. Pourtant, un point positif les disputes en voiture diminuent. Difficile d’engueuler une voix synthétique comme on le faisait avec un passager maladroit qui pliait mal la carte. La carte ne se contente pas de guider elle redonne au voyageur le pouvoir d’être maître de son parcours. Un luxe que les applis ne savent pas offrir.
À lire aussi





PolitiqueEn Ligne 4 joursMélenchon mène une campagne en retrait, avec des discours écrits au millimètre



CultureEn Ligne 5 joursCatherine Ringer, la voix libre des Rita Mitsouko, s’est tue



PolitiqueEn Ligne 6 joursSégolène Royal compare Raphaël Glucksmann à un stagiaire à la tête du pays



ÉconomieEn Ligne 4 joursVotre employeur pourra bientôt verser jusqu’à 1 000 euros de prime carburant



MondeEn Ligne 4 joursSanta Marta sous haute tension, l’armée déployée après une offensive meurtrière



SociétéEn Ligne 5 joursNeuf mois sans A13, l’ouest parisien se prépare à contourner l’obstacle



PolitiqueEn Ligne 5 joursLe Rassemblement national met ses 112 000 adhérents au vote, avec Bardella comme unique candidat



Faits DiversEn Ligne 5 joursRachida Dati défend un mandat européen trop discret pour influencer








