Culture
Contrôles au faciès, violences, interdictions le cri d’alarme de la Défenseure des droits
Alors qu’elle s’apprête à quitter son poste, la Défenseure des droits dresse un bilan alarmant des libertés en France. Discriminations, violences…


Alors qu’elle s’apprête à quitter son poste, la Défenseure des droits dresse un bilan alarmant des libertés en France. Discriminations, violences policières et interdictions de manifester, elle pointe des reculs inquiétants dans tous les domaines.
Après six ans à incarner l’autorité indépendante chargée de veiller sur les droits fondamentaux, Claire Hédon rend un constat sans appel. Les réclamations reçues par son institution ont bondi de 70% sous son mandat. Elles devraient même doubler d’ici 2026 pour atteindre 200 000 saisines, contre 100 000 en 2020. Derrière ces chiffres, elle voit une société qui s’enferre dans les inégalités et une défiance grandissante entre la population et les forces de l’ordre.
Ce qui l’inquiète le plus, ce sont les contrôles d’identité qui ciblent toujours les mêmes profils. Les jeunes issus des quartiers populaires en font les frais, avec des amendes à répétition qui les plongent dans le surendettement. « Je suis effrayée de ce que j’observe », confie-t-elle, dénonçant le manque de politique publique pour lutter contre ces discriminations. Pour elle, ces pratiques érodent la confiance entre police et population, et mettent des enfants en confrontation avec les forces de l’ordre dès leur plus jeune âge.
La déontologie des forces de l’ordre est un autre point noir. La Défenseure des droits regrette un « manque de sanctions » et de transparence de la part du ministère de l’Intérieur. Elle réclame la généralisation des caméras piétons, à la fois pour protéger les citoyens et les policiers. Dans des affaires très médiatisées comme celle de Michel Zecler ou de Nahel Merzouk, elle a demandé des poursuites disciplinaires rapides. Mais elle reconnaît que ses recommandations, sans pouvoir de contrainte, ne sont quasiment jamais suivies.
Au moment de passer la main, Claire Hédon s’inquiète aussi des libertés publiques qui se resserrent. Les interdictions de manifester s’accumulent, notamment visant des mouvements écologistes. « Une démocratie, c’est une élection, mais aussi le respect des droits fondamentaux », assène-t-elle. Elle voit dans ces mesures un signe du rapport compliqué qu’entretient la société avec sa jeunesse, « malmenée, critiquée, accusée de tous les maux ». Son successeur prendra ses fonctions à quelques mois de la présidentielle, avec pour seule boussole une mission qui n’est ni de droite ni de gauche.
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