Économie
Cinq constructeurs automobiles face à la justice britannique pour fraude aux émissions

Une procédure historique s’ouvre à Londres contre plusieurs groupes automobiles accusés d’avoir contourné les normes antipollution sur des véhicules diesel, tandis que des centaines de milliers de conducteurs réclament réparation.
Le procès de cinq grands constructeurs automobiles s’est ouvert ce lundi devant la Haute Cour de Londres, marquant une nouvelle étape dans le scandale mondial des dispositifs antiréglementaires sur les moteurs diesel. Renault, Peugeot-Citroën, Mercedes, Nissan et Ford comparaissent pour une audience prévue pour durer trois mois, tous contestant les accusations portées contre eux. Cette affaire civile britannique s’inscrit dans un contentieux international plus large, où les fabricants sont soupçonnés d’avoir équipé leurs véhicules de technologies permettant de fausser les résultats lors des contrôles des émissions polluantes.
Les plaignants, représentés par le cabinet Leigh Day, estiment que près de 1,6 million de conducteurs au Royaume-Uni pourraient prétendre à une indemnisation, le montant total des dédommagements pouvant atteindre plusieurs milliards de livres sterling. L’enjeu dépasse le cadre des cinq entreprises mises en cause, car la décision des juges pourrait créer une jurisprudence applicable à d’autres constructeurs visés par des recours similaires dans le pays. Parmi les autres groupes concernés figurent notamment Volkswagen, Jaguar Land Rover et Toyota.
Un plaignant, Adam Kamenetzky, a témoigné avoir choisi un véhicule Mercedes en 2018 en raison de ses prétendues qualités écologiques, avant de découvrir que le modèle émettait en réalité des niveaux de pollution bien supérieurs aux normes annoncées. Il déplore non seulement une tromperie commerciale, mais aussi les conséquences sanitaires pour les habitants de son quartier, particulièrement les enfants exposés à des émissions d’oxydes d’azote nocives.
Les entreprises mises en cause rejettent fermement ces accusations. Ford et Mercedes qualifient les allégations d’infondées, tandis que Renault et Stellantis, maison-mère de Peugeot et Citroën, affirment que tous leurs véhicules commercialisés respectaient la réglementation en vigueur. Nissan, pour sa part, n’a pas souhaité s’exprimer sur la procédure en cours.
Cette première phase du procès, consacrée à la question de la responsabilité des constructeurs, sera suivie d’une seconde étape à partir d’octobre 2026 si besoin, qui déterminera le montant des éventuelles compensations. Le dossier rappelle que Volkswagen, souvent associé à l’origine du scandale, avait déjà reconnu en 2015 avoir équipé plus de 11 millions de véhicules dans le monde de logiciels truqueurs, ce qui lui a valu des amendes et dédommagements dépassant les 30 milliards d’euros au niveau mondial.

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