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Cinq ans après sa création le grand oral du bac reste sur la sellette

Alors que les terminales passent cette semaine leur ultime épreuve orale, le bilan de la réforme Blanquer est loin de faire l’unanimité. Entre usage…

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Cinq ans après sa création le grand oral du bac reste sur la sellette

Alors que les terminales passent cette semaine leur ultime épreuve orale, le bilan de la réforme Blanquer est loin de faire l’unanimité. Entre usage massif de l’intelligence artificielle et inégalités sociales, enseignants et syndicats réclament une refonte en profondeur.

Depuis lundi, les 530 000 élèves de terminale générale et technologique affrontent le fameux grand oral. L’épreuve avait été imaginée comme la pièce maîtresse du bac nouvelle formule, censée valoriser la prise de parole et l’argumentation. Mais cinq ans après son introduction, le constat est amer pour de nombreux profs. Ils dénoncent un exercice qui privilégie la forme sur le fond, au point de devenir « un exposé récité » plutôt qu’un véritable échange. Certains enseignants peinent même à évaluer le contenu quand ils ne maîtrisent pas la spécialité présentée, comme un prof d’histoire perdu face à un exposé de maths.

La triche via l’intelligence artificielle est devenue un sujet brûlant. Chaque année, le recours à l’IA pour préparer les questions s’accroît. Certains élèves l’admettent, d’autres y voient un simple outil d’aide. Mais les syndicats d’enseignants s’inquiètent d’une utilisation détournée, d’autant que peu d’heures sont dédiées à la préparation de cet oral. Les candidats sont souvent livrés à eux-mêmes, ce qui pousse certains à se tourner vers les chatbots pour structurer leur exposé. Résultat l’épreuve perd sa crédibilité aux yeux de ceux qui la font passer.

Les inégalités sociales restent le talon d’Achille du dispositif. L’oral avantage les élèves déjà à l’aise avec les codes de la parole, souvent issus de milieux favorisés. Un professeur de Seine-Saint-Denis le rappelle l’oral est une compétence socialement située. Face à ces critiques, le gouvernement a déjà réduit le coefficient de l’épreuve cette année, passant de 10 à 8 en voie générale et de 14 à 12 en voie technologique. Mais pour beaucoup, ce n’est pas suffisant. Plusieurs syndicats appellent à une refonte totale, voire à la suppression pure et simple du grand oral, jugé comme une « fausse bonne idée ». Les résultats du bac sont attendus le 7 juillet.

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