Économie
Ces géants européens qui choisissent les actionnaires plutôt que l’avenir
Oxfam dénonce un modèle qui concentre les richesses au sommet. L’ONG appelle à plafonner les rémunérations des patrons et les dividendes pour redonner de…

Oxfam dénonce un modèle qui concentre les richesses au sommet. L’ONG appelle à plafonner les rémunérations des patrons et les dividendes pour redonner de l’air aux salariés et à la planète.
Les cent plus grosses entreprises européennes, vingt-quatre d’entre elles sont françaises, ne gardent presque rien pour elles. Entre 2022 et 2024, elles ont reversé en moyenne 70% de leurs bénéfices à leurs actionnaires. C’est encore plus pour les groupes français 73%. Certains n’ont même pas hésité à distribuer plus d’argent qu’ils n’en ont gagné, comme Telefónica, BP ou Zurich Insurance Group. Résultat près de la moitié de ces géants ont versé trente-deux fois plus à leurs investisseurs qu’à leur propre transition écologique. De quoi donner le tournis.
Pourtant, l’argent existe. Les caisses des entreprises débordent, mais il ne profite qu’à une poignée de personnes. « Quand il y a des dispositifs de régulation, on s’en sort, et quand ce n’est pas le cas, tout s’envole », a lancé la directrice générale d’Oxfam France, Cécile Duflot. Pour l’ONG, ce n’est pas une fatalité. C’est un choix politique et économique. Un choix qui privilégie les actionnaires et les très hauts revenus, au détriment des salaires décents, des investissements dans la transition climatique et de la compétitivité de long terme de l’Europe.
Oxfam ne se contente pas de dénoncer. Elle propose des solutions concrètes. D’abord, plafonner la rémunération des PDG à vingt fois le salaire médian de leurs employés. Ensuite, limiter les dividendes versés aux actionnaires tant qu’un salaire décent n’est pas garanti pour tous et qu’une stratégie climatique ambitieuse n’est pas en place. L’organisation demande aussi une transposition rapide de la directive européenne sur la transparence des rémunérations, et l’instauration de quotas pour que les femmes accèdent enfin aux postes de direction. « La réglementation n’est pas un obstacle à la compétitivité. C’est, au contraire, l’architecture d’un avenir souhaitable », insiste le porte-parole Alexandre Poidatz. Un message envoyé aux gouvernements européens, qui ne peuvent plus attendre que Bruxelles agisse à leur place.
À lire aussi

PolitiqueEn Ligne 6 joursMarine Le Pen veut transformer son congrès d’Orléans en rampe de lancement
PolitiqueEn Ligne 3 joursMélenchon veut changer le patron de Bpifrance et faire gonfler l’épargne des Français
PolitiqueEn Ligne 5 joursMélenchon ne veut aucun pardon après l’attentat des Yvelines
MondeEn Ligne 4 joursMbappé perd deux partenariats chinois après une vidéo sur Mao
Faits DiversEn Ligne 6 joursTrappes, la garde à vue du suspect levée après un examen psychiatrique
Faits DiversEn Ligne 5 joursÀ Trappes, un homme tué pour sa couleur de peau et un ministre qui parle d’attentat
SociétéEn Ligne 5 joursLa jeunesse obtient des pistes mais garde la pression
MondeEn Ligne 2 joursHaïti, 2 000 soldats salvadoriens débarquent et brouillent la carte sécuritaire
















