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Cent jours de Kast au Chili, l’heure du bilan amer

Promesses chocs, résultats décevants. Cent jours après son arrivée au pouvoir, le président d’extrême droite José Antonio Kast voit sa cote de popularité…

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Cent jours de Kast au Chili, l'heure du bilan amer

Promesses chocs, résultats décevants. Cent jours après son arrivée au pouvoir, le président d’extrême droite José Antonio Kast voit sa cote de popularité chuter sous l’effet d’une inflation galopante et de difficultés sécuritaires.

Franklin Prieto n’en revient pas. À 19 ans, ce vendeur ambulant de Santiago espérait que l’élection de José Antonio Kast changerait sa vie. Il avait cru aux promesses fortes du nouveau président lutter contre l’insécurité, expulser les migrants en situation irrégulière, relancer l’économie. Cent jours plus tard, son quotidien n’a pas bougé. Les prix grimpent, la délinquance reste présente dans son quartier populaire. « Tout ce qu’on achète a beaucoup augmenté » lâche-t-il, amer. Un sentiment partagé par une majorité de Chiliens les sondages montrent que plus de la moitié des citoyens désapprouvent désormais l’action du chef de l’État.

Les premières décisions de Kast ont provoqué des remous. Sa mesure phare modifier le fonds qui amortissait la volatilité des carburants a fait flamber les prix à la pompe et alimenté une inflation déjà tenace. Le gouvernement rejette la faute sur l’administration précédente de Gabriel Boric, accusée d’avoir laissé des caisses vides. Résultat la priorité est devenue la réduction du déficit, au détriment du pouvoir d’achat. Solange Molina, employée administrative de 44 ans, raconte qu’elle réduit ses loisirs et surveille chaque dépense. Le plan de relance économique basé sur des baisses d’impôts pour les grandes entreprises a lui aussi été revu à la baisse la croissance attendue pour 2030 passe de 4 % à 3,5 %, et le déficit prévu augmente. Le ministre des Finances a reconnu que la situation s’est révélée bien plus complexe que prévu.

Sur le front de la sécurité et de l’immigration, les coups d’arrêt se multiplient. La ministre de la Sécurité a été limogée après seulement 69 jours en poste un record depuis le retour de la démocratie. Elle avait elle-même admis ne pas s’attendre à devoir présenter un plan structuré aussi vite. Kast a tenté de réagir en annonçant plus de policiers dans 50 quartiers et un durcissement des peines contre le crime organisé. Mais c’est sur l’immigration que le décalage entre le discours et les faits est le plus flagrant. Il promettait d’expulser 340 000 sans-papiers. En trois mois, 639 personnes ont été renvoyées. À ce rythme, il faudrait plus d’un siècle pour atteindre l’objectif. La députée d’opposition Constanza Schönhaut est cinglante le président savait que cette promesse était irréaliste. Désormais, le gouvernement mise sur les départs volontaires. Certains, comme Roberto Morales, prédicateur de 69 ans, appellent à la patience. « Il faut laisser passer du temps avant de juger » glisse-t-il. Mais dans les rues de Santiago, l’attente semble déjà peser trop lourd.

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