Monde
Canicule à l’école : ces maires qui doivent choisir entre fermer ou laisser les enfants suffoquer
Alors que la France suffoque sous une nouvelle vague de chaleur, des centaines de maires sont face à un choix cornélien : garder les écoles ouvertes au…


Alors que la France suffoque sous une nouvelle vague de chaleur, des centaines de maires sont face à un choix cornélien : garder les écoles ouvertes au risque de voir les élèves étouffer, ou fermer les portes et mettre les parents en galère.
Derrière la question, il y a un constat simple. Quand le thermomètre frôle les 40 degrés dans la cour, il fait souvent aussi chaud dans les classes. Les bâtiments scolaires, souvent anciens et mal isolés, se transforment en fours. Le maire de Tours, par exemple, l’affirme sans détour : à 40 degrés intérieurs, il ferme. Il refuse de prendre un risque pour la santé des enfants. Et il n’est pas le seul. L’été dernier, plus de 2 200 écoles ont dû baisser le rideau en France, parfois seulement l’après-midi. Certains élus tentent pourtant de tenir coûte que coûte, en arrosant les cours, en installant des ventilateurs, en aérant dès l’aube. Mais ces rustines ne suffisent pas toujours.
Pendant ce temps, d’autres maires font le pari inverse. À Lyon, l’adjointe à l’Éducation est catégorique : fermer, c’est désorganiser les familles et priver certains enfants d’un refuge plus frais que leur domicile. Du coup, la ville mise sur des solutions de repli : sorties dans des parcs, visites de musées climatisés, ou encore transfert d’élèves vers des médiathèques fraîches. Forbach, elle, a constitué un stock de brumisateurs et mesure la température dans chaque classe chaque jour. En dernier recours seulement, la fermeture est envisagée. Mais pour beaucoup, ces bricolages ne remplacent pas un vrai plan d’urgence.
Le vrai problème, c’est l’argent et le temps. Rénover une école coûte cher, très cher. Un maire de l’Essonne raconte avoir dépensé 1,4 million d’euros pour une seule rénovation, avec seulement 200 000 euros d’aides de l’État. Résultat : 80 % des écoles ne sont pas équipées pour affronter les canicules actuelles. Et le plan national de rénovation de 40 000 écoles promis en 2023 patine. En attendant, les maires improvisent. Certains rêvent de décaler les horaires de classe pour éviter les heures les plus chaudes, mais l’Éducation nationale ne valide pas encore l’idée. Alors, entre des enfants qui suffoquent et des parents qui râlent, les élus doivent trancher. Et souvent, dans l’urgence, sans filet de sécurité.
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