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Brexit dix ans plus tard les petits patrons britanniques trinquent encore

Dix ans après le référendum, les PME du Royaume-Uni paient toujours la facture du Brexit. Entre lourdeur administrative, hausse des coûts et espoirs…

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Brexit dix ans plus tard les petits patrons britanniques trinquent encore

Dix ans après le référendum, les PME du Royaume-Uni paient toujours la facture du Brexit. Entre lourdeur administrative, hausse des coûts et espoirs envolés, le quotidien est devenu un parcours du combattant.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon une étude récente de la Fédération britannique des petites entreprises, 63% des PME qui commercent avec l’Union européenne se heurtent à des obstacles majeurs. Un tiers d’entre elles envisagent déjà de réduire ou carrément stopper leurs échanges avec le continent. Derrière ces statistiques, il y a des patrons qui vivent le désenchantement au quotidien.

Rowan Crozier dirige Brandauer, une entreprise de Birmingham spécialisée dans des composants métalliques minuscules. Avant le Brexit, une livraison entre le Royaume-Uni et l’UE mettait 24 à 48 heures. Aujourd’hui, il faut compter une semaine au minimum, parfois jusqu’à un mois. « Cela nous affecte encore. On s’habitue aux difficultés, mais les délais ne font qu’augmenter », confie-t-il. Son entreprise ne fabrique pas n’importe quoi. Elle travaille des métaux d’une épaisseur de 0,05 à 2 millimètres. Ce savoir-faire rare lui a permis de résister, mais ce n’est pas le cas de tout le monde.

Certains patrons restent pourtant convaincus que la décision de quitter l’UE était bonne. C’est le cas de Simon Boyd, à la tête de Reidsteel, une entreprise du sud de l’Angleterre qui construit des structures métalliques comme des hangars ou des stades. Pour lui, le problème venait de Bruxelles. Mais il est déçu que Londres n’ait pas profité du Brexit pour assouplir davantage les règles héritées de l’Union. Il dénonce la course à la neutralité carbone qu’il juge « suicidaire » et estime que le Royaume-Uni aggrave le problème en important de l’acier de pays hors UE, bien plus polluants. « Quitter l’Europe ne nous a pas nui, mais cela ne nous a pas apporté les bénéfices espérés », résume-t-il.

Dans le camp des perdants, Declan Gormley dirige Brookvent, un fabricant de ventilation mécanique basé en Irlande du Nord. Grâce à un statut particulier après le Brexit, son entreprise conserve un accès au marché unique pour les marchandises. Résultat : ses exportations vers l’Europe ont explosé depuis 2016, tandis que son activité au Royaume-Uni stagne. « J’ai un pied dans chaque camp », dit-il, avant d’ajouter qu’il aurait préféré que tout le pays reste dans l’Union. De son côté, Richard McKenna, patron d’une pépinière dans le sud-est de l’Angleterre, est catégorique : « Il n’y a pas eu de gagnants. L’économie a souffert, les gens ont souffert. » La paperasse a explosé, les coûts aussi, et le prix des plantes a grimpé. Son seul espoir ? Revenir un jour à des échanges sans friction avec les partenaires européens.

1 Commentaire

1 Commentaire

  1. Collagenpro

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