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Bolivie sous état d’exception l’armée lève les barrages, la colère paysanne s’embrase

Après six semaines de blocages qui ont paralysé le pays, le président bolivien a décrété l’état d’exception pour permettre à l’armée d’intervenir.…

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Bolivie sous état d'exception l'armée lève les barrages, la colère paysanne s'embrase

Après six semaines de blocages qui ont paralysé le pays, le président bolivien a décrété l’état d’exception pour permettre à l’armée d’intervenir. L’accord signé avec le principal syndicat a levé une partie des barrages, mais les paysans et les cultivateurs de coca crient à la trahison et durcissent le mouvement.

La Bolivie sort tout juste d’un long cauchemar logistique. Depuis début mai, des milliers de manifestants bloquaient les routes, provoquant des pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant dans plusieurs grandes villes, y compris la capitale La Paz. Le président Rodrigo Paz a fini par proclamer un état d’exception de 90 jours, samedi matin. Cette mesure donne le feu vert à l’armée pour appuyer la police, et interdit formellement les barrages routiers. Le chef de l’État explique avoir épuisé toutes les voies du dialogue et signé des accords avec ceux dont les revendications étaient légitimes. Selon lui, certains utilisaient la violence pour déstabiliser le pays.

Un accord a en effet été conclu vendredi avec la Centrale ouvrière bolivienne, la principale confédération syndicale du pays. Ce texte a permis la levée des blocages organisés par ce secteur. Mais la contestation ne s’arrête pas là. Les paysans et les cultivateurs de coca du Chapare, région considérée comme le fief de l’ancien président Evo Morales, refusent de plier. Leur dirigeant Antonio Mallku a annoncé une intensification des barrages, affirmant que les frères indigènes se sentaient trahis par l’accord. Le mouvement initial, parti d’une crise économique grave sans précédent depuis 40 ans, s’est élargi avec l’arrivée au pouvoir de Paz, un président de centre droit qui a mis fin à vingt ans de gouvernements socialistes.

Samedi à la mi-journée, une trentaine de barrages subsistaient encore, contre plus d’une centaine au pic de la mobilisation. À El Alto, près de La Paz, un convoi de police et de véhicules blindés de l’armée a procédé calmement au déblayage des routes. Des engins de chantier ont évacué des monticules de terre et des déchets. Certains habitants applaudissaient, un homme a même donné un sac de pain à un policier. Mais le président a prévenu que toute personne poursuivant les blocages ou utilisant la violence serait punie avec toute la rigueur de la loi. Le gouvernement accuse régulièrement Evo Morales, visé par un mandat d’arrêt pour une présumée affaire de traite de mineure et vivant dans la clandestinité depuis deux ans, d’encourager la révolte. Le ministre de l’Intérieur a prévenu que si les forces de l’ordre devaient entrer dans le Chapare, elles le feraient.

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