Monde
Bolivie l état d exception fait monter la pression dans le fief de l ex président Morales
Alors que l état d urgence est décrété pour briser des semaines de blocages, les premiers heurts éclatent entre les forces de l ordre et les paysans dans…


Alors que l état d urgence est décrété pour briser des semaines de blocages, les premiers heurts éclatent entre les forces de l ordre et les paysans dans le bastion d Evo Morales. La crise économique et les pénuries plongent le pays dans une impasse.
Ce dimanche, la police et des groupes de paysans se sont affrontés dans le département de Cochabamba, au centre de la Bolivie. La localité de Llavini a été le théâtre de ces premières violences depuis l entrée en vigueur de l état d exception. Les forces de l ordre ont tiré des gaz lacrymogènes tandis que les manifestants, postés sur les hauteurs, répondaient avec des pierres et des cartouches de dynamite. Un chauffeur routier a témoigné avoir été pris pour cible, son pare-brise criblé d impacts.
Le président de centre droit Rodrigo Paz a décrété l état d exception sur tout le territoire pour mettre fin à sept semaines de contestation. Les bloqueurs réclament sa démission. Arrivé au pouvoir en novembre, il a succédé à vingt ans de gouvernements socialistes. La mesure, valable 90 jours, permet de déployer l armée, de restreindre le droit de manifester et d interdire les barrages routiers. Le nombre de points de blocage est passé d une centaine à une douzaine en un week-end, grâce à l intervention des militaires et policiers.
Malgré des accords conclus avec certaines organisations comme la Centrale ouvrière bolivienne, les cultivateurs de coca et les groupes paysans fidèles à Evo Morales refusent tout compromis. La Bolivie traverse sa pire crise économique depuis quarante ans. Les manifestations ont provoqué de graves pénuries de carburant, de nourriture et de médicaments, notamment à La Paz et dans la ville voisine d El Alto. Avec le déblaiement des routes, des camions-citernes recommencent à approvisionner ces cités. Le ministre des Hydrocarbures assure que les livraisons reprennent dans les principales villes du pays. Mais dans le Chapare, bastion de l ancien président, la tension reste maximale. Rodrigo Paz accuse Evo Morales d être à la tête de la contestation et de recevoir un soutien financier de trafiquants de drogue, sans apporter de preuves. De son côté, le dirigeant indigène réfugié dans le Chapare dénonce une persécution politique et un complot des États-Unis. Il rejette les accusations de traite présumée d une mineure qui ont motivé un mandat d arrêt à son encontre.
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