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Bill Pulte aux commandes du renseignement américain, une nomination qui inquiète jusqu’à ses propres alliés

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Donald Trump a choisi l’un de ses plus proches et généreux donateurs pour diriger les agences de renseignement du pays. Problème: l’homme n’a aucune expérience en sécurité nationale, mais un passif de poursuites contre des opposants politiques.

Un fidèle parmi les fidèles. Donald Trump a nommé mardi Bill Pulte au poste de directeur du renseignement national, un rôle clé qui supervise la CIA, la NSA et l’ensemble des services secrets américains. L’annonce, faite sur Truth Social, précise que cet homme d’affaires de 38 ans conserve en parallèle son poste à la tête de l’agence fédérale de financement du logement (FHFA).

Aucune formation en sécurité nationale, mais un pedigree politique impeccable. Bill Pulte a été un important donateur de la campagne de réélection de Trump en 2024. Son parcours intrigue et effraie. En tant que patron de la FHFA, il a activement participé à des poursuites judiciaires contre des adversaires politiques du président, les accusant de fraude immobilière. Les cibles visées incluent la procureure générale de New York Letitia James, le sénateur Adam Schiff, et Lisa Cook, gouverneure de la Réserve fédérale, qui dément toute malversation. Pour les démocrates, cette nomination sent la revanche. Le sénateur Mark Warner, membre de la commission du renseignement, parle d’un homme prêt à utiliser le pouvoir gouvernemental pour régler des comptes politiques.

Les critiques ne viennent pas que de l’opposition. Le sénateur républicain John Cornyn, pourtant du même camp, a sèchement déclaré ne voir aucune compétence pour ce rôle. Même le vice-président JD Vance a tenté de justifier le choix en écrivant que la bureaucratie du renseignement doit répondre aux élus, pas l’inverse. Un proche de Trump, Mehmet Oz, chargé du point presse quotidien, a refusé tout commentaire sur les compétences de Pulte. Preuve que cette nomination fissure le camp présidentiel. Le nouveau directeur du renseignement hérite d’un poste stratégique pour conseiller le président et orienter les agences. Mais il devra d’abord survivre à la procédure formelle de confirmation, un processus qui peut traîner. En attendant, il cumule deux casquettes explosives: celle qui contrôle le renseignement et celle qui contrôle le logement. Une concentration de pouvoir qui alimente les craintes d’une chasse aux sorcières déguisée en sécurité nationale.

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