Nous rejoindre sur les réseaux

News

Bétharram l’enquête qui dénonce des crimes de masse et des centaines de victimes oubliées

Une enquête indépendante révèle que des centaines d’élèves ont subi des violences d’une rare gravité dans l’établissement religieux de Bétharram. Pendant…

Article

le

Bétharram l'enquête qui dénonce des crimes de masse et des centaines de victimes oubliées

Une enquête indépendante révèle que des centaines d’élèves ont subi des violences d’une rare gravité dans l’établissement religieux de Bétharram. Pendant des décennies, un système bien rodé a permis à des religieux et des laïcs d’agir en toute impunité.

Pendant des années, les faits n’ont été qu’une rumeur, un bruit de fond gênant dans le Sud-Ouest. Aujourd’hui, une enquête menée par l’Institut Louis Joinet change la donne. Ce rapport commandé par la congrégation religieuse elle-même parle de « crimes de masse ». Il estime qu’entre 700 et 1 500 élèves ont pu être victimes de violences physiques, sexuelles et psychologiques entre 1950 et 2000. Les chiffres sont une projection, mais ils donnent le vertige. L’enquête a identifié 37 auteurs, religieux et laïcs. Un nombre qui, selon les enquêteurs, ne relève pas d’actes isolés mais bien d’une organisation collective.

Les violences décrites sont sidérantes. Piqûres d’eau, gifles, abus sexuels, enfants dénudés près d’une rivière gelée. Les enquêteurs parlent de sadisme et de torture. Ce système s’appuyait sur la peur, la honte et une domination absolue. Les élèves n’osaient pas parler. Et quand quelques-uns le faisaient, leurs alertes étaient noyées par la réputation de l’établissement. Bétharram était connu pour sa dureté, et cela passait presque pour une qualité. Le prestige de l’autorité religieuse, l’attachement des anciens élèves, tout concourait à faire taire les victimes. L’enquête est claire l’Église et l’État ont tous deux failli dans leur rôle de contrôle.

Le supérieur général de la congrégation a demandé pardon. Un geste fort, mais qui ne suffit pas. Les faits sont pour la plupart prescrits. Seules deux personnes ont été mises en examen. Pour les victimes, dont la vie a été brisée « comme par une bombe à fragmentation », la commission propose un tribunal citoyen. Elle réclame aussi un mécanisme de réparation financière, au-delà des 1,4 million d’euros déjà versés à 48 victimes. Ce qui s’est passé à Bétharram n’est pas une exception, prévient le rapport. C’est le signe que la protection des enfants ne peut dépendre du courage de quelques lanceurs d’alerte. Il faut écouter les enfants, même quand leur parole dérange l’ordre établi.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus