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Aux Philippines, les coraux émergent après un violent séisme

Le 8 juin, un tremblement de terre de magnitude 7,8 a soulevé le fond marin de deux mètres sur la côte sud de Mindanao. Des kilomètres de coraux…

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Aux Philippines, les coraux émergent après un violent séisme

Le 8 juin, un tremblement de terre de magnitude 7,8 a soulevé le fond marin de deux mètres sur la côte sud de Mindanao. Des kilomètres de coraux, autrefois submergés, sont désormais à l’air libre, transformant le paysage et les vies.

Quand la terre a cessé de trembler, Arsenio Butil Jr. a ouvert les yeux sur un spectacle qui l’a glacé. Ce pêcheur et pasteur de la région de Glan, aux Philippines, venait de vivre le séisme le plus violent de sa vie. En regardant le rivage, il a vu l’eau se retirer, revenir, puis repartir plusieurs fois. Et surtout, il a découvert que de larges étendues de coraux, normalement cachées sous la mer, pointaient désormais à la surface. Les poissons morts flottaient autour. Le fond marin, poussé par le déplacement de la fosse de Cotabato à une cinquantaine de kilomètres au large, s’était soulevé.

Ce changement n’est pas un effet temporaire. Selon Nane Danlag, du centre philippin de sismologie, le plancher océanique est monté de deux mètres et la côte a avancé de près de 200 mètres vers la mer. La zone concernée s’étend sur une centaine de kilomètres entre deux villes. Les habitants voient aujourd’hui ce qu’elle appelle leur « nouveau littoral ». Un ruban de coraux morts, désormais exposés à l’air, sépare les bateaux de pêche du rivage. Pour les scientifiques, ce mouvement est naturel et se produit depuis des millénaires, mais pour les communautés locales, il bouleverse tout.

Des familles entières ont fui vers les hauteurs et vivent encore sous des tentes, redoutant qu’un tsunami ne frappe. Datu Atom Malimpnig, un chef Maguindanaon, explique que les pêcheurs hésitent à revenir près de la mer. « Et si l’eau avançait d’un coup? » s’inquiètent-ils. À dix kilomètres de là, Edzel Baylon, employée d’un complexe touristique, regarde avec amertume la bande de corail qui sépare désormais la plage de sable blanc de l’océan. La mer est devenue trop peu profonde pour la baignade, et les touristes risquent de fuir. Depuis le séisme, plus de 8 500 répliques ont secoué la région. Beaucoup d’habitants, comme Arsenio Butil Jr., refusent de reconstruire leurs maisons détruites. « Le sol là-bas est fissuré, et les fissures sont longues », dit-il. Quelques minutes après avoir prononcé ces mots, une nouvelle secousse de magnitude 5,4 a fait trembler le sol sous ses pieds.

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