Monde
Au Chili, la rue s’embrase contre le choc d’austérité
Des milliers d’étudiants et d’enseignants ont manifesté à Santiago contre les coupes budgétaires du président Kast. La police a répondu par des gaz…
Des milliers d’étudiants et d’enseignants ont manifesté à Santiago contre les coupes budgétaires du président Kast. La police a répondu par des gaz lacrymogènes et des canons à eau, tandis que le gouvernement prépare un fichier pour priver les « auteurs de violences » d’aides sociales.
Mercredi matin, le centre de Santiago s’est transformé en champ de bataille. Des lycéens, des étudiants et des enseignants, rassemblés par milliers, tentaient de marcher vers le palais présidentiel. Mais les forces antiémeutes en ont décidé autrement. Elles ont lancé des gaz lacrymogènes et déployé des canons à eau pour bloquer leur progression. Les manifestants ont riposté avec des pierres. Une femme au visage ensanglanté a été arrêtée, comme une dizaine d’autres personnes selon des constatations faites sur place.
Cette explosion de colère a une cause précise. Deux jours plus tôt, le président d’extrême droite José Antonio Kast a annoncé un projet controversé. Il veut créer un registre national des personnes condamnées pour violences contre la police, contre le personnel soignant ou pour vandalisme sur des monuments. Les inscrits risquent de perdre des droits essentiels. Parmi eux, la gratuité des études supérieures ou encore une pension versée par l’État. Une façon, pour le pouvoir, de frapper au porte-monnaie ceux qui contestent.
Dans le cortège, les pancartes dénonçaient une politique brutale. « Stop aux coupes budgétaires, ce n’est pas de l’austérité, c’est du vol », proclamait l’une d’elles. Une autre prévenait : « Avec les coupes, le système de santé ne tiendra pas jusqu’au mois d’août ». Romina Cuevas, une enseignante de 47 ans, résumait le sentiment général : « C’est une attaque contre les plus pauvres, parce que ce sont eux qui dépendent des aides sociales ». Depuis son arrivée au pouvoir en mars, José Antonio Kast a promis de réduire les dépenses publiques pour relancer l’économie. Il a déjà ordonné une baisse de 3% des budgets de tous les ministères. Pour les manifestants, cet ajustement sonne comme une déclaration de guerre aux plus vulnérables.
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