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Après 40 jours de blocages la Bolivie active l’état d’exception

Le président bolivien dégaine une mesure d’urgence pour rouvrir les routes. Mais tout le monde n’est pas prêt à baisser les barricades.

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Après 40 jours de blocages la Bolivie active l'état d'exception

Le président bolivien dégaine une mesure d’urgence pour rouvrir les routes. Mais tout le monde n’est pas prêt à baisser les barricades.

Depuis le début du mois de mai, la Bolivie est paralysée par des manifestations et des barrages routiers. La colère gronde face à la pire crise économique que le pays ait connue depuis quarante ans. Les pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant se sont aggravées dans plusieurs villes, en particulier à La Paz, la capitale administrative. Les paysans, les ouvriers et les mineurs ont rejoint le mouvement, refusant les réformes proposées par le président de centre droit Rodrigo Paz, arrivé au pouvoir en novembre après vingt ans de gouvernements socialistes.

Samedi matin, le président a pris une décision radicale. Il a déclaré l’état d’exception sur tout le territoire pour une durée de 90 jours. Cette mesure permet à l’armée d’appuyer la police et interdit formellement les barrages sur les routes. Dans une déclaration télévisée, Rodrigo Paz a expliqué avoir épuisé toutes les options de dialogue. Il accuse certains manifestants de vouloir déstabiliser le pays et dénonce une tentative de coup d’État. La veille, un accord avait pourtant été signé avec la principale centrale syndicale, la Centrale ouvrière bolivienne, qui a appelé à la levée des blocages.

Mais cet accord n’a pas fait l’unanimité. Des groupes paysans et les cultivateurs de coca du Chapare, bastion de l’ancien président Evo Morales, refusent de plier. Leurs dirigeants parlent de trahison et annoncent un durcissement des barrages. Samedi matin, une quarantaine de blocages étaient encore en place. La police a commencé à dégager certaines routes avec des engins de chantier, sous les applaudissements d’habitants soulagés. Une commerçante d’El Alto confie son bonheur de voir la circulation enfin rétablie, après des semaines sans pouvoir travailler. Le président prévient que toute poursuite des blocages ou des violences sera sévèrement punie.

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