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Andy Burnham face au retour de la réalité après un été idyllique

Le Premier ministre britannique a profité de la trêve estivale pour séduire les Britanniques, mais la rentrée parlementaire s’annonce comme un terrain…

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Andy Burnham face au retour de la réalité après un été idyllique

Le Premier ministre britannique a profité de la trêve estivale pour séduire les Britanniques, mais la rentrée parlementaire s’annonce comme un terrain miné. Budget tendu, prisons saturées et rendez-vous internationaux délicats l’attendent dès cette semaine.

Andy Burnham a savouré ses dernières semaines de tranquillité. Depuis son arrivée au pouvoir en juillet, le chef du gouvernement travailliste a multiplié les gestes populaires et peu coûteux, comme des réductions sur les factures d’électricité ou les tarifs de bus. Un choix gagnant. Selon un sondage YouGov du 18 août, 46% des Britanniques ont une opinion favorable de lui, soit douze points de plus qu’à ses débuts à Downing Street. Il a même été vu en train de jouer de la guitare avec des soldats ukrainiens à Kiev ou de boire une pinte avec ses ministres au pub. Une image décontractée, soigneusement cultivée sur les réseaux sociaux, notamment TikTok.

Mais la parenthèse se referme. Le Parlement reprend mardi et le Premier ministre devra prononcer son premier discours dans l’hémicycle. L’opposition, tout comme sa propre majorité, l’attend au tournant. Le journal The Guardian prévient déjà que la lune de miel touche à sa fin. Tout l’été, Burnham a sillonné le Royaume-Uni pour écouter les citoyens et a donné l’impression de maîtriser le récit, selon Jill Rutter de l’Institute for Government. Une stratégie qui a fonctionné, d’autant que Nigel Farage, le leader du parti anti-immigration Reform UK, s’est retrouvé embourbé dans une polémique sur ses finances. Mais certains élus travaillistes s’inquiètent. La députée Jess Phillips a récemment averti que les attentes de tous ont grimpé en flèche et que le risque de décevoir est réel.

Les dossiers épineux ne manquent pas. Le gouvernement doit présenter des mesures revues à la baisse pour libérer des milliers de détenus afin de désengorger des prisons saturées. Burnham a assuré dimanche que les auteurs des infractions les plus graves resteraient derrière les barreaux, tout en admettant pousser le système pénitentiaire jusqu’aux limites du possible. Mercredi, il affrontera ses premières Questions au Premier ministre, ce rendez-vous hebdomadaire où l’opposition le met sur le gril. Le 28 octobre, il devra présenter son premier budget, avec des finances publiques sous tension et une promesse de ne pas augmenter l’impôt sur le revenu, les cotisations sociales ni la TVA. Un sacré casse-tête pour financer ses engagements sur le pouvoir d’achat et la défense.

Sur la scène internationale, l’agenda est tout aussi chargé. Après un déplacement en Ukraine fin août, Burnham pourrait rencontrer Donald Trump pour la première fois en septembre aux États-Unis. Une entrevue délicate pour celui qui avait qualifié de toxique le climat politique sous la précédente présidence Trump. Dès cette semaine, il recevra Emmanuel Macron, alors que les négociations avec Bruxelles se poursuivent avant un sommet bilatéral prévu dans les prochains mois. Un sujet sensible, car Burnham veut un rapprochement plus audacieux avec l’Union européenne, tout en cherchant à contenir la progression du parti europhobe Reform UK. Le congrès annuel du Labour fin septembre permettra de mesurer l’humeur des militants. Pour Jill Rutter, les prochaines semaines répondront à une question simple. Burnham est-il capable de faire des compromis douloureux ? Tony McNulty, ancien ministre et aujourd’hui professeur à l’université Queen Mary de Londres, le croit capable de prendre des décisions difficiles et de s’y tenir. La réalité va bientôt le prouver.

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